‹ La grève de Samarez: poème philosophiqueChapitre 168 sur 436 · LIVRE n. ië!i · texte numérisé non relu

LIVRE n. ië!i

Rends-nous la Chasseresse Blanche, au sein virginal.

Qui presse Quelque eerf matinal ;

Ou, le soir, dans la brise, Phœbé, sœur d'ÂpolIo,

Surprise A Tombre, un pied dans Peau :

Phœbé qui , la nuit close , Aux lèvres d*un berger,

Se pose Comme un oiseau léger.

EnQn la pièce se termine (du moins dans la première édition) par une troisième partie, sentimentale, scientifique, et industrielle :

Lune, en notre mémoire De tes belles amours

L^histoire T'embellira toujours.

Et, toujours rajeunie, Tu seras du passant

Bénie, Pleine lune ou croissante

T'aimera le vieux pâtre Seul, tandis qu'à ton front

D'albâtre Ses dogues aboîront.

166 LA r>Rf.VE DE SANAREZ.

Ici le Fantôme récitateur s'interrompit.

— Oh ! pour le coup, dit-il après un instant de répit, voilà un trait d'observation profonde. C'est une chose à laquelle vous auriez dû penser, citoyen Hugo. Qu'arriverait-il, en effet, si, pendant que votre bon Dieu distribue son Eucharistie, les chiens se mettaient à hurler? C'est cependant un fait d'observation. Rien n'est plus connu que cette expression : un chien qui aboie à la Lune; et on dit proverbialement d'un homme qui crie inutilement contre un plus puissant que lui, que c'est aboyer à la Lune. . ce qui, par parenthèse, nous arrive assez souvent.

A ces mots, il y eut un rire universel.

— Je demande la parole, dit alors Seigneuret.

— On n'interrompt pas, murmura l'assemblée.

— Vous aurez la parole après le citoyen Déjacques , dit le président.

— Permettez-moi un seul mot qui sera mieux placé ici, un mot au nom de la Science, s'écria Seigneuret. La Science a bien le droit de protester contre les écarts révoltants de la Poésie !

A cet appel de la Science, tous se turent et furent attentifs :

Conticuêre omne$, intentique ora tenehant,

— Il s'agit, poursuivit Seigneuret, d'une objection scientifique qui confirme la remarque judicieuse de Déjac-

Page 1