‹ La grève de Samarez: poème philosophiqueChapitre 182 sur 436 · LIVRE II. U · texte numérisé non relu

LIVRE II. U

N« va pas t'imaginai* que ce soit Seigneuret, lui seul, qui dise cela. Astronomes, physiciens, chimistes, physio-^ logistes, tous vont à cette conclusion. Sais-tu qui a formulé ainsi le dire de tous les savants, VuUimatum de toutes les scienees? C'est un des penseurs de ce siède, c'est Tauteur de la Philosophie Positive y e'ept AugasM Comte.

Et puis, as-tu entendu Déjacques proclamer que le but de TArt est l'affranchissement de toutes les passions , 1» liberté du cœur et des sens, le libre essor? Dé||9cques n'esta comme Seigneuret , qu'un écho. As-*tu lu les livrer de Fourier? Connais^tu ses hsurmoaies , ses étranges aor cords? As-tu entendu ses disciple?

Enfin ce Fantôme masqué... que penses-tu qu'il soit?... Un malheureux ^ me diras-tu, qu'un Gouvernement corrupteur... Oh! pour avoir fait des drames, tu ne comprends pas tout ce que la nature humaine est en état de produire. Il y a des caractères , des types de ce temps-ci qui te sont inconnus. Si tu l'avais entendu, comme moi, cet homme masqué, s'écrier en lui-même : <c Et nous aussi nous sommes des rois! » Si tu savais ce qu'il admire avec tant d'énergie que mes nerfs encore en frémissent! Mais tu es nouveau dans les luttes politiques, tu as passé tes jours dans les préoccupations de ton art et dans un monde auquel ces natures-là ne se révèlent pas ; il n'est pas étonnant que tu ignores ce que notre temps a produit de plus étrange, de plus monstrueux!

Pendant qu'ils vont le juger, laisse-moi te l'expliquer. Tu ne saurais l'imaginer quelle grandeur a produit cette

Igg LA GRÈVE DE SAMAREZ.

bassesse, quelle sublimité^ admirée de toi, a engendré cette ignominie !

toi, continuai-je, toi dont j'aime à entendre les discours, que tu parles en vers ou en prose, sois courtois; tu sais ce que Dante dit à Virgile :

anifna earteie Manlov€ma^

et le reste. Cède-moi un instant la parole. Si j'en crois ta renommée, tu l'auras longtemps après moi^ Je ne te cache pas que c'est le procès à la Poésie de notre époque que je vais faire. Tu es assez grand pour m'entendre. Écoute-moi donc sans mUnterrompre.

Jersey, 1S59.

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