CHAPITRE L
UN PROCÈS A L*ARt!
A peine aTais-je prononcé ces paroles , que j'entendis un éclat de rire, et une Voix qui disait :
— ce Ah ! tu veux intenter un procès à l'Art!!! d Quoique cette voix ne f&t pas celle de Hugo, elle me
semblait sortir de sa poitrine.
— Hélas ! repr is-je, ce n'est pas moi qui ferais ce procès ; je n'en serais que le rapporteur. Quand un génie sublime , an prédestiné comme Byron, portant dans son cceur les furies , a gravi jusqu'aux derniers sommets , la foule
in LA GREVE DE SAMAREZ.
(les imitateurs que son génie entraîne se précipite bientôt, tombant de tout son poids, dans les précipices et jusqu'au fond des abîmes. C*est de ces abîmes qu'il faudrait sortir... Mais si oo y reste, et si on s'y compls^lt !!!
Et m'adressant à Hugo lui-même :
— Quel effet sérieux, lui dis-je , veux-tu qu'une Poésie dépourvue de dogmes, une Poésie d'ornements , et d'ornements contrastés et antithétiques, puisse produire sur des esprits qui, au nom de la Science , proclament l'idée de Dieu une chimère qu'il faut abolir? Ne vois-tu pas d'ailleurs qu'une telle Poésie, toute de fantaisie individuelle, peut et doit engendrer des monstres, tels que celui que l'on vient de découvrir? Laisse -moi donc poursuivre
Mais un nouvel éclat de rire, arrogant autant que sonore, m'interrompit, et j'entendis :
(c L'Art est souverain. Nul n'a le droit de lui faire son procès. C'est à lui , quand cda lui convient , de faire le procès aux autres, n
J'avais reconnu la voix au timbre. C'était celle d'Auguste Vaquerie.
— Ah ! mon maître, m'écriai-je, si c'est de moi que vous parlez , il me semble que l'Art , ayant daigné s'occuper de ma personne, j'ai à mon tour le droit de m'occuper de lui.