‹ La grève de Samarez: poème philosophiqueChapitre 19 sur 436 · CHAPITRE XVL · texte numérisé non relu

CHAPITRE XVL

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Mais manger, c'est tuer, c'est dévorer, c'est être cruel , c'est être assassin. Donc exister, c'est être cruel et assassin. Tous les poètes répètent cette plainte : « Je ne puis m faire un pas, je ne puis respirer sans donner la mort à <c une foule d'êtres. »

De Maistre (c'est un poète aussi que de Maistre) ne voit dans l'Univers entier qu'un charnier^ une boucherie, une cuisine; il n'y voitpas même la salle à manger, où l'odeur du meurtre a disparu, où l'on n'a plus que le goût des mets sans les préparatifs. Il voit la Nature condamnée à un meurtre universel pour manger. L'acide mange, et Talcali aussi ; la plante mange, l'animal mange, l'homme mange, tout mange! Et de là il conclut la nécessité du Sacrifice expiatoire, c'est-à-dire d'un Sacrifice modéré, en expiation de ce grand Sacrifice universel sans lequel les êtres ne vivraient pas; de là, dis-je, il conclut la nécessité de verser du sang , ta nécessité de la guerre et du bourreau. C'est-à-dire que de la guerre il conclut la guerre, du bourreau le bourreau, du sang le sang, de la douleur la douleur, de la cruauté la barbarie. Singulière conclusion, et qui n'avance à rien! Mais les prémisses sont justes.

2i LA GRÈVE DE SAMAREZ.

ËDCore une foi^, d'où vient cette loi qoi force tous les êtres à se dévorer les ans les autres ?

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