‹ La grève de Samarez: poème philosophiqueChapitre 212 sur 436 · LES SINGUUÈRES INVENTIONS DE M. DE LAMARTINE · texte numérisé non relu

LES SINGUUÈRES INVENTIONS DE M. DE LAMARTINE

M. de Lamartine aurait bien voulu faire intervenir la Grâce au moment où il décrit, dans le Dernier Chant du Pèlerinage d'Harold^ la mort de son héros. Mais il n'a pu mentir à l'histoire. Vainement il a mis un confesseur auprès de lui, vainement il lui a prêté un rêve magnifique où Byron voit trois flambeaux que Jéhovah lui a donnés pour guider sa paupière. Ces trois flambeaux éteints, M. de Lamartine va jusqu'à lui faire tirer son salut au sort dans trois urnes. Rien n'y fait^ El M. de Lamartine se voit à la fin réduit à invoquer un ange du Martyre qui , à sa prière, se chargera de porter l'âme d'Harold au juge souverain , et d'intercéder en grâ^e pour cette âme coupable.

Les meilleurs vers de ce poème sont incontestablement ceux où l'auteur a peint le profond scepticisme de Byron :

Du sceptique Harold le doute est la doctrine. . .

Jamais, d'aucun autel ne baisant la poussière, Sa bouche ne munnure une courte prière ; Jamais, touchant du pied le parvis d'un saint heu, Sous aucun nom moi-tel il n'invoqua son Dieu. Le dieu qu'adore Harold est cet agent suprême, Ce Pan mystérieux, insoluble problème, Grand, borné, bon, mauvais, que ce vaste Univers Révèle à ses regards sous mille aspects divers ; Être sans attribut, force sans providence.

Exerçant au hasard une aveugle puissance ;

2<t LA GRÈVE DE SAMAREZ.

Vrai Saturne, enfantant, dévorant tour à tour, Faisant le m^ sans haine et le bien sans amour ; N'ayant pour tout dessein qu'un étemel caprice; Ne commandant ni foi, ni loi, ni sacrifice; Livrant le faible au fort, et le juste au trépas. Et dont la raison dit : Est-il, ou n'est-il pas?

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