LES SINGUUÈRES INVENTIONS DE M. DE LAMARTINE
M. de Lamartine aurait bien voulu faire intervenir la Grâce au moment où il décrit, dans le Dernier Chant du Pèlerinage d'Harold^ la mort de son héros. Mais il n'a pu mentir à l'histoire. Vainement il a mis un confesseur auprès de lui, vainement il lui a prêté un rêve magnifique où Byron voit trois flambeaux que Jéhovah lui a donnés pour guider sa paupière. Ces trois flambeaux éteints, M. de Lamartine va jusqu'à lui faire tirer son salut au sort dans trois urnes. Rien n'y fait^ El M. de Lamartine se voit à la fin réduit à invoquer un ange du Martyre qui , à sa prière, se chargera de porter l'âme d'Harold au juge souverain , et d'intercéder en grâ^e pour cette âme coupable.
Les meilleurs vers de ce poème sont incontestablement ceux où l'auteur a peint le profond scepticisme de Byron :
Du sceptique Harold le doute est la doctrine. . .
Jamais, d'aucun autel ne baisant la poussière, Sa bouche ne munnure une courte prière ; Jamais, touchant du pied le parvis d'un saint heu, Sous aucun nom moi-tel il n'invoqua son Dieu. Le dieu qu'adore Harold est cet agent suprême, Ce Pan mystérieux, insoluble problème, Grand, borné, bon, mauvais, que ce vaste Univers Révèle à ses regards sous mille aspects divers ; Être sans attribut, force sans providence.
Exerçant au hasard une aveugle puissance ;
2<t LA GRÈVE DE SAMAREZ.
Vrai Saturne, enfantant, dévorant tour à tour, Faisant le m^ sans haine et le bien sans amour ; N'ayant pour tout dessein qu'un étemel caprice; Ne commandant ni foi, ni loi, ni sacrifice; Livrant le faible au fort, et le juste au trépas. Et dont la raison dit : Est-il, ou n'est-il pas?