CHAPITRE IX
c'est un DEMON.
Ici, ra'interrompant: — Sais-tu, dis-je à Hugo, ce que le Fantôme Masqué se récitait à lui-même au moment où il a été découvert ? Une très-belle page, vraiment ! de Xavier de Maistre, où ce spirituel écrivain, tout catholique qu'il fût, professe pour le Satan de Milton une admiration sans borne.
Je te demande ! si Xavier de Maistre pensait ainsi avant que Byron parût, pourquoi Byron n'aurait-il pas, à son tour, éprouvé en lisant Milton la même admiration et la même sympathie pour Satan ?
Comment en douter, d'ailleurs, quand Byron s'en explique si positivement :
« Je n'ai pas relu Milton depuis T&ge de vingt ans ; mais avant « cet &ge , je Tavais tant de fois parcouru , que Timpression ne « s*en est jamais effacée. »
Madame de Staël, étant à Londres, dit un jour en sa présence, pour lui faire plaisir peut-être, un plaisir de vanité : Cestun démon. Il aurait pu répondre : Madame, un poète que vous avez la naïveté de regarder comme trèsreligieux m'a fait aimer le Démon.
Mais, après avoir lu et relu le Paradis Perdu dans sa jeunesse, il en était venu à avoir assez peu d'admiration pour cet ouvrage, qu'il n'estimait plus que pour la beauté du style.
Son jugement à cet égard est infiniment curieux , car il nous révèle toute son esthétique.