‹ La grève de Samarez: poème philosophiqueChapitre 222 sur 436 · CHAPITRE XV · texte numérisé non relu

CHAPITRE XV

CAlN.

Ce n'était pas tout de concevoir Caîn.

Après la conception vient la grossesse. La grossesse de Byron portant Caîn dans son sein Autb, pltisieurs années.

Mais quand il Teut enfanté, il se sentit vainqueur de Gœthe et au sommet de Tesprit humain.

Il faut voir sa joie de triomphateur !

Ses amis (non pas certes Shelley, Lewis ou Hunt , mais ses amis de l'autre main/Hobhouse le premier) se jetaient à ses genoux pour qu'il gardât ce poème dans un profond secret.

Il romprait avec le monde entier plutôt que de ne pas lui faire voir le jour :

<r Caïn paraîtra, quoi qu'on fasse. Si Murray ne veut pas Tim- « primer, je rimprimerai à mes frais, etc. a

Et quand il apprit qu'on menaçait Murray de pour- , suites :

« Moi , moi , c'est moi qui l'ai fait, — A/e, wie, adsum qui feci!

ft Que tout procès qu'on voudrait diriger contre vous me soit

a intenté. C'est à moi à répondre de tout. Si vous avez perdu de

« l'argent, je vous rembourserai tout ce que vous avez perdu. Je

« désire que vous disiez que M. Giffprd et .vous m'avez engagé à

« ne pas publier Coin ; que M. Hobhousc s'y opposait également ;

a que moi seul j'ai voulu la publication , et que c'est moi , et moi

« seul, qui, légalement on autrement, dois en être responsable.

« Si l'on vous poursuit, j'irai en Angleterre, etc. »

Il se sentait, par le génie, supérieur à cette Angleterre.

Cdin donc parut. Le plus remarquable penseur qu'eût la France à cette époque, Fabre d'OIivet, fut si étonné, qu'il attribua cet ouvrage à une inspiration directe^ comme étaient, suivant lui, les chants d'Homère.

Page 1