LIVRE III
derniers ouvrages; mais la fmia que je lui suppose est si vraie, que, même après avoir fait Caîn, il revenait souvent dans ses conversations sur cette accusation de plagiat par Oœthe, et la rétorquait contre lui :
a Les Allemands, et, je crois, Goethe lui-môme, disent que <( j*ai beaucoup emprunté de Faust. En fait d^originaiité, Goethe « a trop de sens pour prétendre ne rien devoir aux auteurs an- « ciens et modernes. Qui est-ce, au fait, qui ne leur a' point des « obligations ? On me dit que Tintrigue de Faust est presque « tout entière de Galdéron. La fête, recoller, la discussion sur « Logos^ le marché avec le démon et le refus de reconnaître son <t pouvoir, le déguisement du cavalier au panache, le miroir en- « chanté, tout cela est pris à Gyprien. Le Magico prodigioso du <c théâtre espagnol est digne aussi d'être lu. La vision du Faust a de Gœthe ressemble assez à celle du Faust du vieux Marlow. <c La scène du lit est dans Gymbeline, de Shakespeare. La chan- « son ou la sérénade est une traduction de celle d'Ophélie dans ic Hamlet. Enfin le prologue est de Job , qui est le premier drame « du monde, et peift-être le poème le plus ancien. J'ai eu Tidée <c de composer un Job, mais j'ai trouvé le sujet trop sublime : <( il n'y a pas de poésie que je puisse comparer au Livre de Job.»