‹ La grève de Samarez: poème philosophiqueChapitre 248 sur 436 · HUGO ME DONNE LICENCE DE PARLER DE SHELLEY · texte numérisé non relu

HUGO ME DONNE LICENCE DE PARLER DE SHELLEY

— Tu ne dis plus rien? exclama la Voix dans l'ombre. Parle-nous donc de Shelley I

— Il y a une difficulté, m'écriai-je.

— Laquelle?

— Une chose m'inquiète : je crains que Hugo ne s'impatiente. Il ne le manifeste point, parce qu'il est plein d'urbanité; mais on devine assez ce qu'il éprouve. Je lui ai promis qu'il aurait son tour après Byron ; je ne lui avais point parlé de Shelley.

— Et moi ! m'avais-tu parlé de Shelley? car tu m'as fait une promesse aussi.

— C'est vrai .

— Tu devrais donc également me demander permission. Mais voilà, monsieur, comme vous me traitez, en ma qualité de femme! Toutes les faveurs sont pour Hugo. Vous craignez qu'il ne sMmpatiente. Le beau dommage , ma foi !

— Si ce n'est que cela, interrompit Hugo avec un éclat de rire, je vois un moyen bien simple de trancher la difficulté. Quand Homère commence à chanter, Une dit pas : (( Je vais chanter Achille et Patrocle. » Il ne parle que d'Achille, mais Patrocle est compris.

— A merveille! dit la Voix dans l'ombre; c'est s'en tirer en homme d'esprit.... un peu ironique, ajouta-elle tout bas.

Et s'adressant à moi :

— Tu as licence maintenant ! parle-nous de Shelley.

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