CHAPITRE XIL
LA REINE MAB ET I4A JEUNE lANTHÉ.
— Juge toi-même. Écoute causer ensemble la Reine Mab et la jeune lanthé :
lANTHÉ.
« J'étais un enfant quand ma mère , allant voir brûler un Athée y :ne mena avec elle.
« Les prêtres , vêtus de noir , étaient rassemblés autour du ])ûcber; le peuple regardait en silence.
« Le coupable passa devant nous. Je remarquai sa contenance intrépide, le calme répandu sur ses traits, où un dédain tempéré se mêlait à un tranquille sourire.
« Bientôt la flamme avide rampe autour de ses membres d'homme , et les dévore. Ses yeux, si résolus, sont bientôt brûlés jusqu'à l'aveuglement.
« Sa mortelle angoisse me fendit le cœur. La multitude insensée poussa un cri de triomphe , et je versai des larmes.
« Ne pleure point , mon enfant , cria ma mère ; car cet homme a dit : Il n'y a point de Dieu !