CHAPITRE XCIII
SUITE
J'en avais beaucoup encore à dire , et j'aurais fini par me prouver que ce livre, marqué au coin de l'aveuglement, est un livre providentiel.
Mais me reportant sur la situation :
— Voyez! dis-je (toujours en moi-même), voilà ce vieux Savant, ce Poète illustre, et cette Femme digne de représenter son sexe, que j'ai faits juges de votre Histoire.
4i0 LA GREVE DE SAMAREZ.
C'est une histoire de cour d'assises que cette histoire de Jésus faisant de faux miracles, comme on fait de la fausse monnaie, pour devenir Dieu; ou bien encore c'est une histoire de Charenton. Mais enfin il y a des fous pareils et des scélérats aussi. Votre erreur a pris l'apparence de la vérité : a-t-elle pour cela réussi?
Ce vieux Savant derrière moi trouve votre fable ridicule, et nous allons tout à l'heure voir ses raisons.
Ce Poète à côté de moi la trouve laide; il s'indigne qu'on ose, d'une pareille origine, faire sortir ce Christianisme qui a eu si longtemps sa foi.
Cette Femme se sent au cœur un froid glacial en vous ' écoutant; et si elle se pénétrait longtemps de vos leçons, malheur au fruit qui sortirait de son sein ! Elle se détourne d'horreur.