‹ La grève de Samarez: poème philosophiqueChapitre 50 sur 436 · CHAPITRE XXXVII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXXVII

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Écoute ce que disent les poètes. Ils sont souvent bons conseillers. C*est avec la Mort qu'ils jouent depuis le

5g LA GREVE D£ SAMAREZ.

commencement du monde ; c'est elle qui laur fournU leurs antithèses, parce qu'elle est elle-même l'éternelle antithèse.

La Mort à côté de la Vie! voilà leur continuel refrain. « Prenez garde, enfants, » s'écrie Virgile, « il y a un sercc peut sous l'herbe! Latet anguis in herba >» C'est le résumé de toute la Poésie.

Le prix donc à celui qui verra le mieux l'antithèse, et qui la rendra de la façon la plus vive, la plus saisissante, la plus palpitante.

Et voilà Horace qui fait des chants où la Mort lutte avec la Vie, mais c'est toujours la Mort qui l'emporte.

u Omnes eodem cogimur : Nous allons tous là, » c'est-àdire à la tombe, n Linquenda tellus, et domus, et placens c uxor : Vient un moment où il faut tout quitter, la terre, « sa maison, sa femme. >»

Et Pascal, rivalisant avec les poètes, s'écrie : « Le der- « nier acte est toujours sanglant, quelque belle que soit « la comédie en tout le reste. On jette enfin de la terre sur n la léte, et en voilà pour jamais. »

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