‹ La grève de Samarez: poème philosophiqueChapitre 55 sur 436 · CHAPITRE XLII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XLII

SUITE

Encore une fois, écoute ce que disent les poètes et en général les artistes; vois ce que représentent les peintres

62 LA GRÉVK DE SAMAREZ.

Pi les sculpteurs : leur imagination, résumant la réalité, a créé un Fantôme, qui est la chose la plus réelle du monde. C'est la Mort.

Ils peignent la Mort comme un squelette, avec une faulx et des griffes. Ils l'habillent d'une robe semée d'étoiles , de couleur noire, avec des ailes noires : « Mors atris circutnvolat alk^ » dit Horace : « La Mort vole partout avec ses ailes noires. »

Ce qu'ils trouvent déplus consolant, c'est qu'elle frappe également les pauvres et les riches :

Pallida Mors œquo pulmt pede pauperufn tahemas Regumque lurres.

Le pauvre, en sa cabane ou le chaume le couvre,

£st sujet à ses lois ; Et la garde qui veille aux barrières du Louvre % N'en défend pas nos rois.

Eh bien, c'est ce Seigneur noir qui répond à nos prières, c'est-à-dire qui n'y répond pas; car ne pas répondre, c'est répondre à sa manière :

La Mort a des rigueurs à nulle autre pareilles :

On a beau la prier, La cruelle qu'elle est se bouche les oreilles,

Et nous laisse crier.

As-tu lu l'inscription que Pope écrivit sur le tombeau du duc de Buckingham? Cela s'appelle le Temple delà Mort.

Écoute :

LlYRt 11. t>ÎJ

Page 1