LE TEMPLE DE LA MORT
a Dans ces froids climats où le soleil ne parait qu'à regret, et cache sa face sous des pleurs ; au sein d'une île déserte, il est une affreuse Vallée, à laquelle le ciel indulgent n'a jamais souri. Là une épaisse forêt d'antiques cyprès, que personne ne voit sans une secrète horreur, abritent dans leurs bras desséchés et captifs tous les genres d'oiseaux de funeste présage. Les poisons sont les seules plantes que le sol puisse nourrir, et l'hiver est la seule saison qui soit connue là. Des millions de lombes couvrent au loin la terre, et des sources de sang alimentent mille fleuves, dont les flots, surchargés de squelettes ^ d'ossements, au lieu d'agréables murmures, émettent des gémissements.
<( Dans cette Vallée se dresse un Temple fameux, aussi vieux que le monde* lui-même , auquel il dicte la loi. Ronde est sa figure, et quatre portes de fer se partagent le Genre Humain. Par l'ordre des deslins, là viennent en foule, condamnés à une commune sépulture, le^eune homme, le vieillard, le monarque, et l'esclave.
u La vieillesse et les maux que l'humanité déplore le plus sont les fidèles gardiens de ces portes sacrées , tous vêtus d'une lugubre livrée noire, qui revêt aussi les murailles sacrées de cet obscur séjour; et des torches faites d'une poix gluante, versant des nuages de fumée, accroissent encore l'ombre sinistre.
H Un Monstre dépourvu de raison el de regard est la
6i LA GRÈVE D£ SAMAREZ.
Divinité qui gouverne ce royaume sombre. Son pouvoir s'étend sur tout ce qui respire; c'est un cruel tyran, et son nom est la Mort. »