LIVRE II
Toi» tes faibles yeux de vieillard, usés sur les livres saints, lu les tins longtemps sur cette scène terrible ;
Si longtemps que nous fûmes obligés de t'arracher de ce spectacle.
Je n'avais rien vu, moi, ni Charlotte non plus ; tu avais occupé toute la place, immobile, haletant, tenant serrée dans ta main la lorgnette que tu m'avais arrachée , et que tu promenais sur ce champ de bataille, comme un général qui voit avec ivresse l'éclair des escadrons.
Et quand nous sortîmes, quand je t'interrogeai, voici tes paroles : — « mon ami, si nous avions la taille « d'Arago, j'aurais voulu être général d'armée. »
Et tu me racontas ta vie, qui n'est qu'un combat, une lutte, une controverse;
Mais un combat généreux, une lutte héroïque, une controverse sublime ;
Une controverse pour faire finir le Mal.
Mais le Mal n'est pas fini. Et maintenant je suis là, moi qui te survis, contemplant un autre champ de bataille d'Eylau.