LA CH ARRIÈRE VERTE
J'embrassai en moi-même ces enfants qui ne sont plus, et je regardai plus loin.
Plus loin, je voyais, à quelque distance de cette cabane, le champ où mon frère Jules, ses sept enfants, et les miens, obéissent à ce précepte :
« Tu mangeras le pain à la suenr de ton visage, jusqu*à ce que « tu retournes en la terre d'où tu as été pris; car tu es poudre, et a tu retourneras en poudre. »
mes Amies Écossaises, quelle espérance y arMl dans ces paroles, quelle espérance d'immorlalité! Sommes-nous donc terre, et terre uniquement; et devons-nous retourner en cette terre dont nous avons été pris ! C'est votre Livre cependant qui le dit, c'est la Genèse.
Je ne sais comment cela se fit; mais, comme si ce texte du Sépher avait un sens inconnu aux hommes, et que je découvrirais un jour, je n'éprouvai pas, en le ruminant, cette désespérance absolue que Dante ressentit en lisant : Lasciate ogni speranza; et la douleur que j*en avais éprouvée au premier instant, et qui avait été poignante, me lâcha bientôt.
Mais alors il me vint, d'un autre côté, une grande et profonde douleur. Et je pensai à une autre Amie , plus réelle pour moi que ces Amies Écossaises inconnues. Je pensai à celle dont je suivis les pas, dont j'écoutai la voix, et qui eut une influence en moi, une vertu active, plus réelle que moi-même.
toi ! lui dis-je, te rappelles-tu les pages que tu as écrites sur une gravure d'Holbein? J'ai en réalité sous les yeux ce que tu as si bien représenté. Comme dans la gravure d'Holbein, le soleil avance vers le terme de sa course. C'est la fin d'une rude journée de travail. Le paysan est vieux et couvert de haillons. L'attelage de quatre chevaux qu'il pousse en avant est maigre, exténué ; le soc s'enfonce dans une terre inféconde et rebelle.
Et je vois aussi ce personnage fantastique, ce Squelette armé d'un fouet, qui court dans le sillon à côté des chevaux effrayés, et les frappe, servant ainsi de valet de charrue au laboureur.
Ah ! quand tu écrivis ces pages, quelle était notre foi ? et que voulions-nous faire, moi l'homme de désir, toi l'ar-