LIVRE II
4iste, loi la sœur de Raphaël, comme je rappelais dans mon cœur, comme je t'appelle encore, comme la postérité t'appellera, si elle considère seulement les dons reçus, en faisant la différence des temps, en mesurant l'influence d'une époque religieuse et d'un siècle de scepticisme?
Enfants que nous étions ! nous voulions remplacer ce Spectre de la Mort par un Ange de lumière semant à pleines mains le blé béni sur le sillon fumant.
Mais le Spectre s'est ri de nous. Ah ! il faudra pour le vaincre d'autres travaux que ceux d'un art rapide. Si S. Paul ne lui a pas ôté son aiguillon, combien de temps encore le conservera-t-il !
Vois comme il tourmente ce vieux laboureur.... Or, le sais-tu? ce vieux laboureur, c'est mon frère.... Ce sont tous mes frères.... Entends-tu les railleries qu'il leur adresse : « Sème, sème, dit-il, bon prolétaire, » et le reste. Et puis il chante d'une voix terrible : c( Il faut du pain ! )>
Oh ! pourquoi t'es-tu lassée de le poursuivre avec moi, ce Spectre? N'étais-tu donc pas la Sibylle armée du rameau d'or, ô fille de l'Harmonie !