‹ La grève de Samarez: poème philosophiqueChapitre 65 sur 436 · ABATTEMENT · texte numérisé non relu

ABATTEMENT

Alors» de nouveau» je crus sentir tous les signes précurseurs d'une extase douloureuse.

Ces signes doivent différer suivant les individus» et suivant la nature de leur exaltation morale. Quant à moi » je me suis toujours cru voisin de l'extase» lorsqu'à la suite d'une forte méditation^ je me suis senti pris du vertige de l'infini. Combien de fois» quand ce vertige commençait à s'emparer de moi » n'ai-je pas déchiré ma poitrine pour m'arracher à ce transport et me rappeler au sentiment de ' la réalité !

Je voulus donc me lever. Par trois fois je me dressai péniblement sur mes pieds» mais je retombai toujours. Les médecins remarquent, dans la paralysie, que la volonté de mouvoir nos membres disparait bientôt avec la puissance. Ainsi» après avoir fait cet effort» je n'eus plus même le désir de m'éloiguer. Je restai considérant le ciel, qui se couvrait en ce moment de gros nuages, comme s'il allait y avoir une tempête.

(1) Je possède. — Gen., ch. IV, vers. 1 : aQuœ concepit et peperit Cdifiy dicens : kanitht, id est possedi. » Voy. le Livre De l'Humanité,

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