‹ La grève de Samarez: poème philosophiqueChapitre 76 sur 436 · LIVRE II. H · texte numérisé non relu

LIVRE II. H

L'autre modèle qae je choisis n'appartint jamais à un prince : ce fut le manoir d'un petit gentilhomme. Mais, pour apparaUre là plus simple et plus naïve, la formule typique du château n'en est que plus expressive.

Je le vis un jour, celui-là, non loin des bords de l'Indre. Il était en ruines, bien qu'une partie de sa gigantesque tour fût encore debout. Il n'a jamais consisté que dans cette grande tour. Mais quelle fut mon horreur quand , sous le plancher de cette tour, je découvris une prison ! Une tour au-dessus d'une prison : rien de plus , rien de moins ! L'homme tenant son semblable enchaîné sous ses pieds, logeant, mangeant, buvant sur la tête de son prisonnier !

Et ce prisonnier, qui est la fortune de l'argus logé sur sa tête, qui lui doit rançon, et qu'on abreuve de mauvais traitements, pour qu'il trouve la somme le plus vite possible !

Une tour, un homme sous la tour, et un homme sur la tour! Quelle image! Pourquoi Montesquieu, qui a été chercher à la Louisiane « le sauvage qui abat l'arbre pour avoir le fruit » comme symbole du Despotisme, n'a-t-il pas vu cette tour? Elle lui aurait montré le sauvage qui abat l'homme!

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