‹ La grève de Samarez: poème philosophiqueChapitre 79 sur 436 · CHAPITRE LVII · texte numérisé non relu

CHAPITRE LVII

WILUAM PRYNNE.

Qu'est-ce que William Prynne? Je vous entends. Lecteur.

Un martyr, vous dîs-je.

Eh bien ! qui le connaît ?

Il eut pourtant de la célébrité en son temps. C'était un savant historien, un jurisconsulte, un spirituel écrivain, un poète aussi. Mais qui le connaît aujourd'hui?

Avez-vous jamais entendu citer VHistrio-Mastix , c'està-dire « le Fouet des Histrions »? Non.

En ce cas, vous connaissez encore moins le poème dont je vais vous parler.

Il n'y avait peut-être à savoir que ce poème existât qu'un seul homme, l'étrange personnage que je trouvai à la Bibliothèque publique de Saint-Hélier.

C'est une bibliothèque où il y a fort peu de livres. J'y entrai sans savoir pourquoi, comme si quelque chose m'y eût attiré : il y a de singulières rencontres qui ne semblent pas un pur effet du hasard.

Un homme était là qui copiait un volume, en poussant de temps en temps des exclamations. — « Que copiezvous donc? lui demandai-je. — C'est un livre sur Jersey. — Est-il bon? — Oh ! je ne m'occupe pas de cela. — De quoi vous occupez-vous ? — Je fais une collection de tout ce qui regarde Jersey. >»

Et, sur ma prière , il me passa le volume.

Encore sous l'impression de ce qui m'était arrivé la veille , ce ne fut pas sans émotion que je lus sur le litre :

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