ACTE PREMIER
nous envoyer un gas d'attaque et qui sache se débrouiller.
Ux OUVRIER. (4) — Par le fait, il en faut aussi de ceux-là.
Une femme. (2) — En v'ià-t-i d'une affaire!... Pour une affaire, c'est une affaire ! Et pour un seul homme!
Un ouvrier. (2) — Un seul homme! Parfaitement un seul homme ! Est-ce qu'on est pas tous amis ? Moi, je suis tourneur, je gagne cinq à six francs par jour, ce qui nest pas mauvais pour le pays. Le compagnon frappeur ne gagne que trois francs. Je me dis : C'est pas une raison. Le gars a des bras, des jambes, une bouche comme moi. Il travaille et mange comme moi. Alors, dame, je ne sais pas, je n'aime pas qu'on soit injuste devers lui.
Un autre. (3) — Que les savants l'expliquent s'ils peuvent, mais le compagnon dit vrai... A preuve que je marche aussi.
Une femme. (2) — Je ne dis point que vous n'avez pas raison, mais enfin...
Le Parisien. — Il n'y a pas d'enfin... une supposition que ça serait votre homme, vous seriez bien contente qu'on s'en occupe de même, pas vrai. Eh bien, c'est pas le vôtre, c'est un autre; voilà
tout. Son de tambour qui se rapproclic.
Des voix. — Ah ! Bien dit.
Jean Hugues. — la Grève
Un enfant. — Le tambour! Le tambour!
Un ouvrier, (i) — Il est sur la place ParisoL
Un ouvrier. (2) — Il approche.
Un ouvrier. (3) — Le voilà, taisons-nous.
Tumulte. TaisonS-nOUS ! chut ! taisez-vous ! Dans la rue, tambour, voix d'homme disant :
De la part du Comité à tous les ouvriers de la Maison Parisol
Camarades Un des nôtres a été insulté, menacé, renvoyé par un contremaître. Il a subi une injustice dégradante pour tous. A moins d'être des animaux, nous devons nous unir. Cet affront, nous le souffrons tous comme si chacun de nous l'avait reçu. Nous devons en demander réparation. Tambour. Demain, réunion publique, salle du Lapin Blanc, à huit heures précises du soir.
Ordre du jour : La grève. Tambour.
Rideau