‹ La grèveChapitre 18 sur 35 · ACTE II · texte numérisé non relu

ACTE II

Un ouvrier, (i) — En tout cas, tant mieux. Ils nous en ont assez fait. Chacun son tour.

Ux OUVRIER. (3) — Sérieux alors !... Pendant cette conversation, Lantier, Guérin, l'orateur, Mautard et quelques autres causent ensemble, dans un groupe à part.

Un OUVRIER (5) qui s'approche du premier groupe. —

Alors, comme ça, on fait grève?

Un autre, (i) — Il y parait.

Un ouvrier. (5) — C'est bête, mais je ne peux pas m'y habituer !

Un ouvrier, (i) — Que veux-tu, c'est comme ça. ^- Et puis, c'est ce qu'il y avait de mieux.

Un ouvrier (2) avec conviction. — Probable.

Un ouvrier. (5) — Ben, c'est vrai ; mais je suis tout chaviré en pensant que demain je n'irai pas ^atter à l'étau.

Un ouvrier (2) goguenard. — Tu seras rentier, veinard. On rit.

Un ouvrier. (5) — Veinard toi-même !

Le père Mautard, qui a entendu les derniers mots. —

. Rentier sans rentes. On rit. C'est bon de rire, mais faut aussi penser au solide. La rigolade en son temps... On a en caisse avec la quête, ce qu'on recevra de Paris, l'argent de ceux du Syndicat... on a en caisse... combien donc. Le Cornée?

Le CoRNEC, cherchant dans des papiers. — '200... 200...

265 francs 25. Par conséquent, pas besoin de crâner;

Jean Hugues. — la Grèce

d'aller à la buvette, se rincer la dalle trop souvent. Et des fois, si vous en voyez en train de pomper...

Un ouvrier, (i) — Oui, y en a qui ne sont pas sérieux pour un liard...

Le Gorneg. — Vous leur-z-y direz sans flafla : « Tu bois le pain de ta femme et de tes loupiots. Attention, tu ne le dois point ; tu n'as pas le droit de le faire. »

Quelques voix. — Entendu, compte sur nous.

Le père Mautard. — Bien, vous êtes de bons fieux. Faudra pas flancher. Vous êtes là une équipe qui avez l'air à la hauteur, ça suffit, on compte sur vous. Si des fois, vous en voyez qui deviennent pâles, qui ne sont pas bon teint, vous me les secouerez pour leur donner des couleurs. Dans une bataille — et c'est une bataille, qu'on livre, pas vrai? — quelques bons gars un peu chauds sufiisent pour entraîner tous les autres. Pai bien vu chose pareille pendant la guerre.

Un ouvrier. — Moi, je l'ai vu comme toi; mais c'était là-bas, au Tonkin.

Le père Mautard. — Pour lors, les artistes, on compte sur vous, ouvrez l'œil, et le bon.

Quelques voix. — Bien ! bien ! on est là.

Un ouvrier (3) qui bâille. — Il est temps d'aller voir notre lit.

Un ouvrier. (4) — Et nos femmes:..

Page 1