‹ La grèveChapitre 26 sur 35 · ACTE III · texte numérisé non relu

ACTE III

Gros-Jean. — Gomment ça? Eh bien, elle est bonne celle-là I Mais parce que je ne les ai pas reçues, dame.

Un ouvrier, (i) — G'est clair.

BONTEMPS, faisant taire l'ouvrier. — Patience, aS-tU

voté la grève?

Gros-Jean. — La grève? Moi... je...

BoNTEMPs. — As-tu voté la grève?

Gros-Jean. — Mais... je...

BoNTEMPS. — As-tu...?

Gros-Jean. — Oui, na, et puis après?

BoNTEMPS. — Et puis après? Rien. Je trouve drôle que tu te plaignes, voilà tout.

Latour, arrivant. — Gomment, le Gros- Jean n'est pas content !... lui qui semblait le plus acharné !...

Le père MaUTARD, haussant les épaules. — Ils SOnt

tous les mêmes !

Latour. — Je l'ai votée comme toi, cette grève, mais je Tai votée à contre-cœur, les amis qui sont là peuvent le dire.

Le père Mautard. — Oui ! oui ! Latour a voté à contre-cœur.

Latour. — Qui c'est qui dit le contraire? Eh bien, maintenant, je trouve qu'on a bien fait.

Bontemps. — Je ne reconnais plus le sage Latour.

Gros-Jean, gouailleur. — Qu'on a bienfait, maintenant que c'est fini, t'es pas dur...

Jean Hugues. — la Grèce

Latour. — Je voudrais que cela continue... Dénégations de Gros-Jean. Mais parfaitement.

Gros- Jean. — Oh! la! la! cette blague!... Vingt francs de perdus, un règlement plus sévère, quelle rigolade!... hein, les poteaux, mince de joie!

Pas d'écho.

Latour. — C'est pas de la joie, j'en sais bien quelque chose... J'ai souffert autant que toi. J'ai mon petit gars qu'est malade, ça me donne pas mal de tourment... et la mère aussi... C'est pas drôle, quoi. Eh bien, m'est avis qu'on s'est mal conduit. Une gosse a plus de courage que nous... un chien aussi...

Un ouvrier. (4) — Bien vrai. Un chien quand on le rosse, il gronde, il aboie, il mord, ou il fiche le camp.

Latour. — Sûr... on devait, on doit lutter.

Le père MaUTARD, à mi-voix à Latour lui serrant la main.

Gare aux cafards. Haut. Tu parles bien, mais vois-tu, mon vieux, les gars de par ici n'ont pas plus de moelle que ce verre.

BoNTEMPs. — C'est vrai, ils ont eu peur d'attendre.

Gros- Je AN. — Attendre ! Attendre ! pas vrai. Ils sont tordants, ces clients-là. Attendre pour que les Anglais, les Allemands, les Italiens viennent chopper notre place... Pardi oui... t'es malin encore toi. Et avec ça, que le patron n'aurait pas su les

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