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ACTE III

employer, et avec du rabais encore ! D'abord, ce sont

des Juifs, tous ces PrUSCOtS-là ! signes d'assentiment.

Le père Mautard. — Pense voir !... Tiens, c'est idiot, ce que tu nous sors là !

Gros-Jeax. — Idiot! idiot!... idiot toi-même, tu sais, mon vieux père !

Le père Mautard, se levant, très fort, avec fracas. —

Ah! bon Dieu de bon Dieu! je... On les arrête.

Gros-Jeax. — Bonne réponse... Quand on a plus

rien à répondre. On rit. — Le silence se rétablit.

BoNTEMPs. — Tu as parlé tout à l'heure d'Allemands, d'Anglais? Crois-tu que ce soient des hommes comme te voilà, toi?

Gros-Jean. — Un peu.

BoNTEMPs. — Ils n'ont donc point le droit de manger du pain ?

Gros-Jean. — A manger du pain, je ne dis pas;

mais le nôtre? Halte-là! Applaudissements.

Le père Mautard, entre ses dents. — Bien, claquez des battoirs ! Rira bien qui rira le dernier.

BoNTEMPs, à Gros-Jean. — Bien répondu, mon gars. Tu as la langue bien déliée.

Gros-Jean. — C'est comme ça... A ton service... On ne me la l'ait pas, à moi, tu sais, mon vieux lapin.

Bontemps. — On s'en aperçoit. Eh bien, causons là, en frère. On fait cercle. Crois-tu que nous sachant

Jean Hugues. — la Grèce

en lutte contre Parisol, les compagnons des autres pays se seraient disputés pour prendre notre boulot... Là, en conscience, crois-tu cela. Aux ouvriers. Croyez-vous cela? signes d'ignorance. Non, vous ne le croyez pas ! Et puis quoi, c'est pas neuf ce que je vous sers, on souffre autant là-bas qu'ici. Nos sorts ne sont pas si différents, ni si bons, pour que nous en ayons de l'orgueil vis-à-vis les uns des autres...

Une femme, (i) — Mon Dieu non. Au lieu de se battre...

BoNTEMPS. — On pourrait s'entendre... Bien pensé, la mère. Nos intérêts sont les leurs. Us luttent pour leur salaire, vous luttez pour le vôtre. Ils combattent pour leur dignité, vous avez essayé d'en faire autant. Ces Pruscots-là ne sont pas tous des Juifs !

Le père Mautard. — Et quand ils seraient Juifs !

BoNTEMPS. — Oui, quand ils seraient Juifs ? Est-ce que la faim et la fatigue ne les tuent pas aussi vite que les autres !

Une FEMME. (2) — Oui, mais les Juifs sont des voleurs, ils sont tous riches, ça c'est un fait.

BoNTEMPS. — Allons, allons, ma brave Irma, regarde donc autour de toi. Hermann, qu'est homme de peine, est Juif : est-il riche? Parisol qui est riche est-il Juif ?

Un OUVRIER. — Un homme en vaut un autre.

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