‹ La grèveChapitre 9 sur 35 · ACTE PREMIER · texte numérisé non relu

ACTE PREMIER

lement vous apporterez deux chaises, car je crains bien qu'on en manque.

Madame Bajoie. — A votre service. Elle va les

chercher, et les rapporte.

Laxtier. — En allant faire mon paquet à la forge, j'ai conté le fait aux tourneurs et aux mécaniciens. Ils ont pris la chose de la bonne façon. Les forgerons l'ont prise du même bout et ils se sont réunis à la sortie et ont envoyé une délégation au patron.

Madame Latour. — Une délégation à M. Parisol, mais ça ne s'est jamais fait.

GuÉRiN. — Pour du toupet, c'est du toupet !

Latour. — On ne sait pas comment cela va finir, mais ça a mauvais air. J'ai bien peur que votre délégation, que votre délégation... enfin, c'est bon,

je m'entends ! a ce moment entrent plusieurs ou\Tiers. les uns après les autres :

Le jeu de scène étant assez difficile, ceux qui jouent les ouvriers doivent s'appliquer à ne pas venir en troupeau, ni un par un, mais naturellement par g'roupes. Ils entrent silencieusement, serrent quelques mains et se posent sans aff'ectation. Ils laissent quelques intervalles entre les entrées. Et pendant tout l'acte, leur attention doit se porter à montrer par des gestes l'intérêt qu'ils prennent aux diff'érents récits qui vont suivre.

S'il y a une figuration féminine, la scène aura plus de grandeur et de pittoresque. Les femmes seront assises, les hommes groupés, presque tous debout, les autres appuyés, accoudés ou assis sur la table à repasser. Le metteur en scène se proposera de former sur le théâtre des masses aux grandes lignes dont la disposition par plans combinés

Jean Hugues. — la Grève

doit mettre en relief les acteurs principaux. Mais, en aucun cas, le travail de composition ne doit se faire sentir. Un ensemble maladroit et g-êné est préférable, pour cette œuvre, à une suite de tableaux réglés comme pour un ballet.

Aux premiers ouvriers qui entrent MADAME LatOUR les reçoit en disant : Ah ! IcS VOilà !

LanTIER, continuant comme si de rien n'était. — C'est mon

compagnon le père Mautard qui va parler. On avait de l'estime, l'un pour l'autre. Je voulais qu'il reste, crainte de malheur, pas vrai. Mais le gars a tenu bon : « Minute, mon fi, qu'il fait, faut frapper le fer quand il est chaud. J'y vas de ce pas et ferme, et aussi vrai que je suis compagnon, je parlerai, j'aurai pas la langue dans une musette. Je saurai bien leur dire leur fait. »

Un ouvrier, (i) — Oh ! pour répondre, il n'a pas son pareil, le père Mautard.

Un ouvrier. (2) — Il ne s'emporte pas. Il vous coule son sentiment en douceur, mais il touche.

Un ouvrier. (3) — Et puisque ça y est, ça y est. Autant aller jusqu'au bout.

Une femme, (i) — Gomment cela va-t-il finir ?

La porte s'ouvre, entre le père Mautard.

Le père Mautard. — Salut la compagnie.

Tous. — Bonjour, père Mautard.

Le père Mautard. — J'ai à causer au compagnon

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