‹ La Grippe à Bourges: Contribution à l'étude épidémiologique, clinique, anatomique et bactériologique de la grippe épidémique de 1918 dans le centre de la FranceChapitre 6 sur 33 · INTRODUCTION · texte numérisé non relu

INTRODUCTION

Pendant l’année 1918 nous avons été à même d’observer, dans des conditions exceptionnellement favorables du fait de nos fonctions militaires, la grippe épidémique dans le centre de la France. Tour à tour bactériologiste, puis médecin assistant de secteur, disposant d’un laboratoire, chargé de la surveillance des foyers épidémiques et des hôpitaux de contagieux, nous avons suivi de bout en bout l'épidémie régnante que nous avons vu évoluer sous nos yeux, se métamorphosant suivant les périodes. :

Bien que l'étude de l'épidémie de 1918 ne nous ait pas apporté ce que nous attendions d'elle, et qu’il nous manque toujours le fait nouveau d'ordre sérologique, bactériologique ou autre qui nous permette d'identifier l'infection grippale, il nous a semblé cependant que par une étude épidémiologique serrée on pouvait suivre la grippe épidémique dans ses manifestations variées de la saison d'automne et arriver à discerner dans une certaine mesure ce qui ressortissait à la grippe dans ces manifestations, et ce qui semblait être de nature

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différente. On conçoit en effet que si une maladie peut varier largement dans ses manifestations cliniques, elle

est stable au contraire dans son mode de propagation,

un changement radical des caractères épidémiologiques

semblant devoir impliquer un changement, non plus

dans la forme, mais dans la nature même de la maladie

qu’on observe.

Nous nous sommes She à l'étude FE la grippe épidémique à forme nerveuse, cette maladie autonome, inconnue des médecins de notre génération qui n'ont pas assisté, en tant que médecins, à l'épidémie de 1889.

Nous nous sommes efforcé de la distinguer des maladies a frigore, de ces mamifestations polymorphes, broncho-pneumoniques ou autres d’allure épidémique, qui surviennent comme séquelles habituelles des épidémies de grippe, avec laquelle on les confond généralement, et dont elles s’écartent cependant à de nombreux points de vue. ;

Nous avons abordé l'étude clinique et anatomique des manifestations pulmonaires de la grippe, et surtout de ces gros œdèmes avec congestion diffuse qui semblent si caractéristiques, et qui sont en même temps si proches, en apparence sinon en nature, des œdèmes infectieux du poumon d'origine pneumococcique.

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Nous nous sommes efforcé enfin de fixer dans ses différents foyers les caractères épidémiologiques de la grippe, qui nous ont paru différer sensiblement des faits à ce sujet communément admis.

Par une confrontation suivie des faits cliniques et des faits épidémiologiques, et malgré l’absence jusqu’à pré-

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sent d'une réaction biologique permettant de la reconnaître, 1l nous a semblé qu'on pouvait serrer d'assez . près le problème de la grippe, dont le polymorphisme d’ailleurs nous a semblé beaucoup plus apparent que réel.

Les faits que nous apportons ne sauraient étre des preuves, ce sont des faits d'attente, et nous les présenons comme tels. Ils nous ont semblé cependant par leur groupement avoir une certaine valeur et apporter des présomptions sur certains points toujours obscurs dans l’histoire de la grippe. Ce sont ces faits que nous rapportons, de façon aussi objective et précise que pos-

sible, avec les réflexions qu'ils nous ont suggérées.

Qu'il nous soit permis d'adresser un souvenir ému à la mémoire du Professeur Charles Lesieur, de Lyon, victime de son dévouement au service des grippés, avec qui ont été recueillis la majeure partie de nos documents, et que nous avons fait connaître en collaboration.

À nos maîtres et amis les Docteurs Laubry, Harvier, Lhermitte et Debré, nous adressons nos sincères et affectueux remerciments pour la documentation qu'ils nous ont communiquée et pour l’aide qu’ils nous ont apportée

dans la rédaction de ce travail.

Septembre 1919.

* Lesieur, Pellagot et P. Jacquet. La grippe épidémique à Bourges en 1918. Forme nerveuse bénigne, forme pulmonaire grave. Archives de Médecine et de Pharmacie militaires. Mars 1919, }

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