‹ La Grippe [Texte imprimé]Chapitre 14 sur 21 · PROPHYLAXIE COLLECTIVE · texte numérisé non relu

PROPHYLAXIE COLLECTIVE

La grippe est contagieuse, contagion s’effectuant à courte distance, grâce à l’expectoration qui contient le ou les agents infectieux. Les porteurs de germes les plus dangereux ne sont pas les grands malades alités, mais bien les sujets atteints de formes légères (formes ambulatoires) ou les convalescents gardant encore un foyer mal éteint. Comme il est matériellement impossible d’isoler ces individus, il faut réduire au minimum les agglomérations où ils risquent de contaminer leurs semblables ; on ne saurait mieux faire à ce point de vue que de citer textuellement les conclusions du rapport adoptées par l’Académie de Médecine : « Les occasions de contagion "sont particulièrement fréquentes dans les lieux de réunions multiples, nombreuses et réitérées, surtout dans les salles mal aérées et obscures, théâtres, cinémas à représentations interrompues. Le métro et les voitures de transport en commun ne sont

pas moins favorables à la propagation de la grippe; comme on ne saurait songer à en supprimer l’emploi et même à en restreindre l’encombrement au moins faudrait-il s’efforcer d’en réaliser une désinfection aussi complète et aussi répétée que possible. »

Ce sont là de très sages mesures qu’il faut réaliser, souvent malgré le public qui n’en comprend pas toujours l’importance; en temps d’épidémie, toutes les réunions, toutes les agglomérations qui ne sont pas justifiées par un intérêt national évident, doivent être supprimées. La fermeture des écoles paraît s’imposer; certaines écoles, qui, grâce à la surveillance des prescriptions hygiéniques, avaient essayé de continuer, ont dû fermer.

Il serait très avantageux d’obtenir la fermeture des cafés, où la chaleur, la poussière, la fumée, la promiscuité, favorisent la dissémination de l’épidémie, sans préjudice des troubles prédisposants que réalisent pour leur compte les excès alcooliques.

On en pourrait dire autant des cortèges, des enterrements, des réunions publiques, et même des cérémonies religieuses dans les églises, où certaines pratiques, comme le baise-relique, paraissent particulièrement dangereuses.

Les voyages seront réduits au minimum, la contagion s’effectuant très souvent dans les trains, dans les gares, où d’ailleurs l’humidité, les changements brusques de température constituent déjà par eux-mêmes et en dehors de tout risque de contagion, des facteurs indiscutables de prédisposition à l’infection grippale.

Ces mesures seront complétées par l’isolement des sujets atteints; il y aurait avantage à ce que tous les grippés fussent isolés à l’hôpital, lorsqu’on ne peut obtenir l’isolement à domicile. C’est là un objectif idéal, difficile à atteindre, d’où la nécessité, à côté des mesures collectives.

de précautions individuelles sur lesquelles le médecin a le devoir d’insister.

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