‹ La Grippe [Texte imprimé]Chapitre 20 sur 21 · TRAITEMENT DES PLEURÉSIES PURULENTES · texte numérisé non relu

TRAITEMENT DES PLEURÉSIES PURULENTES

Certaines complications comportent des indications thérapeutiques particulières; telle est la pleurésie purulente. La pleurésie purulente est une des complications les plus graves de la grippe; encore faut-il établir une distinction suivant la nature de l’agent microbien. Ici,

comme dans les autres pleurésies purulentes, le streptocoque est plus redoutable que le pneumocoque.

Toute pleurésie purulente commande l’évacuation immédiate du pus ; le principe est admis sans conteste ; seule la technique peut varier, les meilleurs résultats semblant être obtenus en réduisant l’intervention au strict minimum et en évitant autant que possible le shock opératoire; incision d’un espace intercostal après anesthésie locale à la stovaïne, évacuation du pus — drainage au point le plus déclive, avec deux drains en canon de fusil. C’est là une opération d’urgence, parant au danger immédiat; ultérieurement, si la suppuration persiste, si une fistule pleurale s’installe, la question se posera d’opération plus complexe comme dans les autres pleurésies purulentes chroniques. On a même proposé d’évacuer simplement par ponction exploratrice l’épanchement purulent, ponction qui peut être suivie d’un lavage de la plèvre avec une solution de collargol ou d’électrargol. En réalité, la lenteur inévitable d’une telle ponction fatigue plus le malade que l’incision rapide d’un espace intercostal; elle est moins radicale et elle expose tout autant que l’intervention chirurgicale à l’infection pariétale sous forme d’érysipèle cutané.

Malgré le concours de la chirurgie, les pleurésies purulentes à streptocoques conservent une haute gravité, gravité qui tient peut-être moins à la pleurésie purulente ellemême qu’à l’étendue et à la profondeur des lésions pulmonaires concomitantes.

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