‹ La grisette au vert tableau mêlé de coupletsChapitre 18 sur 22 · XI. y · texte numérisé non relu

XI. y

JUUA.

Moi.

COURTOIS

Oui, car je n'en doute pas... vous êtes celle que mon groom m'a dépeinte... oh ! n’est-ce pas que vous êtes celle...

JULIA

Dame, si c’est un grand , rouge de cheveux, et jaune de culottes, c’est vrai que je l’ai vu.

COURTOIS

Et ce qu'il m'a dit de vous est-il vrai aussi.

JULIA

Ça dépend !

COURTOIS

Il a dit d'abord que vous étiez jeune !

JULIA

Dame... j'ai dix-neuf ans , neuf mois.

COURTOIS

Et neuf mois !.. il a dit ensuite que vous étiez jolie 1

JUUA.

Ce n’esipas moi qui peut en juger.

COURTOIS

Et enfin , candide cl pure !

JULIA

Pour c' qu'est de ça je ne sais pas c' que c'est

COURTOIS

Oh! innocence des champs, qu'on voit bien que vous n’avez Jamais fréquenté les grandes villes.

JULIA

Au contraire... je sois allée à Par’is!

COURTOIS

A Paris , vous ne m’induisez pas ?..

JUUA.

Peu de temps , mais assez ponr le détester.

COURTOIS

Vous avez été à Paris , et il ncfs’est pas trouvé là des boisseaux d'hommes pour vous combler de carosses et de chapeaux à plumes , pour vous cribler de diamans et de domestiques... oli! mais tes Parisiens sont donc bétos à manger de la farine , je les comparerais à des oies . si je ne craignais d’humilier ces volailles.

JUUA.

Vous me trouvez donc gentille?..

Gen... gentille?., mais c’est-à-dire que je vous trouve... ob Dieu! je sens déjà que je vais réver de vous, que je vais vous idolâtrer davantage d’beui c en heure, de jour en jour, et de nuit en nuit

JULIA , k part.

Si 00 voulait pourtant , comme on mènerait ça.

COURTOIS

Je sens... voyez-vous... je sens...

JULIA

Voyons, qu’est-ce que vous sentez encore?..

COURTOIS

Votre nom , je veux le prononcer cent vingt fois par minute.

JUUA.

Mon nom !.. Anne - Marie -Louison • Félécité Gaillardon , (a part.) prononce donc ça rent vingt fois par minnte , va.

COURTOIS

» Diable... alors, non... cent vingt fois, c’est

LA cmSETTE AU VEUT.

beaucoup... mais n'importe . U restera gravé là , sous la flanelle.

JULIA

Vraiment... mais vous me raite&peorl

COUBTOIS.

Oui, Anne-Maric-Tüinon, etc.» etc... je veux te consacrer ma vie... et je jure à tes pieds... jtUA.aptrt.

A mes pieds ! deux déclarations en un jour, ah ! y avait long-temps que ça ne m'était arrivé.

COURTOIS

Vous ne répondez pas Anne-Marie-Toinon, etc*

JULIA

Je suis toute tremblante, Monsieur.

Alt d«

AhI lilssez-moi, de grâce.

Ou Je rais quitter la place.

J'ai bien peur , laissei-moi !

Oa Je vais mourir d’elTroi.

COIRTOIS.

M'almez-vous, 0 ma chère?

JCLU.

Mon Dieu qu’il est vilain.

cornTOis.

Près d' vous Je suis sincère.

Mon cœur bat comme un moulin ,

Ça fait, tic tac, tic tic , tic tac.

ENSKMBLE.

AhI rèpondex , de grâce ,

Et ne quittez pas la place.

Ma chère, ècouiez-moll Et bannissez votre effroi.

JCUA.

Ah! laissez-moi de grâce, etc.

Mais laissez-moi... (il lui baise les mains.) Laisses-moi, mais laifMez-moi donc.

(Elle lui donne un soufflet et se sauve.) roiRTOis.

Oh! quelle veriti... mais c'est égal, elle ne s'est enfuie que parce qu’elle me trouvait dangereux... oni, ça marche... ça trotte a.ssez bien, Je crois que la petite s’éprendra de mes charmes.

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