JUMA
Est*ce que vous me trouvez moins jolie comme ça?
StMONNK.
Au contraire,
JULIA
Et d*ailleurs, c'est si caméléons, ces hommes, si changeurs... Ah ça! Fheure se passe. U faut que j'aille disposer les provisions, et charger Tâne pour le marché.
I SIMONNE
Non , laisse-moi d’abord te préparer ton déshabillé bleu, et ta jolie cornette...
JULIA
Ab ! c’est inutile, ma tante; je vous le répète, j’ai dit adieu à toutes les séductions, les hommes ne me sont plus de rien, même les clercs d'avoués.
SIMONNE
Bah ! bah !.. j’y vas toujours ; quand tu verras tout ra , tu ne pourras pas y résister...
(Elle sort.)
LA CRIS6TTK Al) VERT.
Sr.KNK II.
JULIA t seule.
Bonne tante , cst*clleattcntiono<!e, aux petits soins... ab! vie pure, eaime et naïve... En v'Ià une (irdle d’hisloire tout d’ rm^tne... moi , Julia Godivec, la plnsjovease modiste «le la rue Vivlenne , moi que les jeunes gens faisaient le rond pour me voir devant le magasin de M** Dumont, et que j'avais tant de soupirans et d'adorateurs que j'aurais pu. en temps de guerre, en prêter un régiment au gouvernement... je me trouve id, à Asnières, fîlle de ferme, simple paysanne... Ah! Raymond! Raymond, vf)ilà votre ouvrage, m'avez-vous assez virtimée... (On entend chanter au dehors.) r'esl que ça... tiens,
des jeunes filles à ânes , ah ! comme il y en a... pLU'îrF.rns voix.
Par ici, par ici. Mesdemoiselles!..
Jl'LU.
Ah ! mon Dieu, je ne me trompe pas... Fifine, Aglaé, f.iska... tout le magasin... rentrons vite; elles qui ignorent ce que je suis devenue. . .
(Elle va pour entrer k la ferme , les Jeunes filles viennent k sa rencontre; elle est forcée de revenir sur ses pas.)