SCÈNE XIII
LOUISE; puis DAGUE.NAY.
DAGUENAY , deux bouteilles de champagne b la main , fredonnant.
Il faut , a la philosophie ,
Dans nos peines avoir recours...
LOUISE , a paru
A-t-U l'air heureux ?
DAGUENAY, saluant profondénenL
Ah! c'est vous, Madeuioiscile? pardon, je ne vous voyais pas. (il continue a fredonner.)
LOl'tSE.
Eh bien ! Uonsieur, voilà tout ce que vous me dites?
DAGUENAY.
Que vonlei-vous que je vous dise, à présent que je sais... ah ! je ne l’anrais pas cru !
LOUISE
Ab ! mon Dieu ! quel air t quel ton ! expliqoex-voits !
DAGUENAY.
J'étais si loin de penser... Ab ! Louise ; pourquoi m'avci-vous trompé? Il est inutile de le nier ; Blangeac m'a tout dit
LOUISE, a pan.
Est-ce qu'Henriette lui aurait raconté l'histoire de la robe?
DAGUENAY.
Qu'avex-vous à répondre?
LOUISE
Que H. Blangeac est un bavard qui se mêle de ce qui ne le regarde pas... Comment, vous êtes fâché contre moi à cause de cela... Mon intention éutit si bonne! Je me disais, quand il aura pris l'habitude de me voir, de m'aimer, que je lui serai devenue indispensable ; alors , je lui avouerai tout !
DAGUENAY.
Uerci bien !
LOUISE
11 passera par là-dessus.
DAGUENAY.
Jamais! et mon honneur!..
LOUISE
Ah! Monsieur, vous auriez pu m'épargner cette humiliation... Votre honneur? voilà le grand mot, n'est-ce pas? et en quoi serait-il compromis, si vous épousiez une pauvre fille dans ma position?
DAGUENAY.
En quoi ? vous le demaodei?
LOUISE
Eh! mon Dieu! je connais bien des gens qui ont fait celte folie-là , et qui sont aujourd'hui de très bons maris.
DAGUENAY.
Très bons, je le crois...
LOUISE
Des maris très estimés, et surtout très heureux...
DAGUENAY.
Je ne veux pas du bonheur à ce prix-là.. .
LOUISE
Ainsi donc, pour un badinage... aussi innocent..
DAGUENAY, A part
Elle appelle cela un badinage !
LOUISE , continuant
Tout., est fini?..
DAGUENAY.
Tout est fini.
(Momeol de allence.')
LOUISE
An fait, cela devait être, je n'ai pas le droit de me plaindre... c'est pourtantbien dommage. Ah! pourquoi !.. notre première rencontre eutelle lieu au bal masqué ! et c'est là le mal pour moi... sous ces costumes, quoique dilfércns, il n'y a plus de rang, plus de distance, tout le monde va de pair , et c'est terrible pour le sentiment , il ne peut plus s'y reconnaître et il se trompe, c'est tout naturel...
DAGCENIV.
Ah ! pourquoi le hasard nous a-t-il réunis !
LOUISE , avec feu.
Ce n'est pas le hasard , mais une résolution soudaine... un espoir ou l'amour n'entrait pour rien, je n'y songeais pas.
DAGUENAY.
Qu'entend-je ?
LOUISE
Car je n'avais qu'une idée, qu'un but., c'es* pour vous , pour vous seul que j'ai osé...
DAGUENAY.
Expliquez-vous , de grâce ?
LOUISE
Ob! non ! ça , c'est mon secret , il restera là pour me consoler, pour me dire que j'ai bien fait.
DAGUENAY.
Pourquoi ne pas me confier?..
LOUISE
Si vous aviez dfl être mon mari , vous l'auriez su ;tout de suite , et vous m'auriez remerciée sans doute ; mais à présent que tout est rompu, vous croiriez que j'ai des remets... oh ! non, je n'en ai pas, et je serai tout-à-fait heureuse si vous me pardonnez la mauvaise pensée que j'ai eue de vous tromper un moment
DAGUENAY.
Oh! je ne m'en souviens plus...
LOUISE
Alors, donnez-moi votre main en .signe de réconciliation. (Il lui donne la main.) Et maintenant tout ce qui s'est passé entre nous sera «••pour moi comme un rêve délicteux.
la gwsette de bordeaux.
Ail : rA*»t n*M»t rwim. taiorir-)
Il nous plaît, nous séduit et passe,
Sans qu’on puisse le retenir,
Sans laisser de lui d’autre trace.
Qu’un agréable souvenir, il restera dans ma mémoire Comme une douce iUiuion ,
Mais J’étais bien toile d’y croire,
Les rêves n’ont jamais raison.
Adieu !
Adieu...
P&GUENAY.