‹ La grisette de qualite dramevaudeville en quatre actesChapitre 12 sur 39 · SCÈNE XI · texte numérisé non relu

SCÈNE XI

MANUEL, i’avançant. Messieurs de Fonlanarose!...

LES TBOIS COUSINS , à part. Don Manuel!... .

HERCULE, d part. Nous aurail-il entendus?...

MANUEL. Si j’ai bien compris, messieurs, l’nn de vous prétendrait à la main de ma cousine? ...

HERCULE, d’un ton fanfaron. L un de

nous!... Oui... oui... en effet.

MANUEL. En ce cas, messieurs, quel ost celui qui osera soutenir ses prétentions?. . . Eh bien, vous ne ré|)ondez pas... Est-ce vous, don Guzman? car c’est Guzman qu’on vous nomme, je crois?

GUZMAN. Guzman de Fontanarosc; oui, don Manuel; quant aux prétentions dont vous parlez, comme rien n’est encore décidé, je ne tiens pas essentiellement à me couper la goi^e pour les soutenir... et je... et j'ai bien l’honneur de vous saluer.

UsortoQ courant.

MANUEL. C’est donc ï vous, don Hercule, que j’aurai affaire ?

HERCULE, $e posant. A moi!

MANUEL. Et vous ne renoncez pas à votre ridicule prétention. .. A vous, monsieur, si vous osez soutenir...

HERCULE, d’un air fanfaron. Chevalier!... {Baissant le ton.) Je ne soutiendrai rien, absolument rien ; car je serais désespéré que l’Espagne fût privée de l’un de nous, qui sommes deux bons gentilbommes. ..

deux... j’ai bien l’honneur de vous saluer.

Il sort en courant.

HECTOR * tremblant. Comment ! ils me laissent seuls... ils m'abandonnent...

11 veut sortir.

MANUEL, V arrêtant. Hallc-lh, monsieur.

HECTOR. Permettez... don Manuel, c’est que mes cousins et moi... moi et mes cousins , nous ne sortons jamais l’un sans l’autre.

MANUEL. C’est possible ; mais vous m entendrez, monsieur; le cœur de mademoiselle de San-Lucar n’appartient qu'à moi... à moi seul. . . entendez-vous ?... ,

HECTOR, tremblant. C’est ce que j’allais dire.

MANUEL. Vos cousins se sont conduits comme des poltrons.

HECTOR. C’est ce que j’allais dire.

MANUEL, le regardant trembler. Et vous, vous êtes un sot.

HECTOR. C’est ce que j’all... j’ai bien riionneur de vous saluer.

Il 8c uuve.

* Hwlor, Htoucl.

MANUEL, seul; puis LA MARQUISE.

MANUEL, seul. Et maintenant ne songeons plus qu’à leur annoncer l’heureuse nouvelle que j’ai reçue... Elles sont toutes deux ici, m’a dit Ferez... Ab! cette assurance a soulagé mon cœur... cette jeune fille qu’au détour de cette rue... j’avais cru reconnaître... qui, à mon approche, s’est enfuie en jetant un cri... Mais non... je me suis trompé!...

j’étais fou!... ce ne ixmvait être elle... puisqu’elle est là... puisqu’elle va venir. (Voyant paraître la Marquise.) Comment! seule !...

LA MARQUISE, entrant arec Ferez. C’est vous, don Manuel... à cette heure?

MANUEL. Oui; dans ma juie, mon bonheur, je n’ai pas voulu attendre à demain pour vous apporter un peu d’espérance.

LA MARQUISE. Que signifie?...

MANUEL. Cette lettre d’audience que nous sollicitions depuis si longtemps, je viens enfin de la recevoir.

LA MARQUISE. Il se pourrait...

MANUEL. Mais ma cousine, je ne la vois pas avec vous... où donc est-elle?

LA MARQUISE. Dans sa chambre, sans doute.

MANUEL. Me permettez-vous, ma tante, de lui annoncer cette heureuse nouvelle?

LA MARQUISE. Certainement , mon neveu... appelez-la.

Manuel entre à gauche.

LA MARQUISE, jeiiîe. Chère enfanL.. quelle va Cire sa joie, son lionheur !...

MANUEL , sortant de la chambre , pile et défait. Personne!... personne!... à pareille heure... et celte rencontre que je viens

de faire O mon Dieu... mon Dieu... que

dois-jc penser?. ..

LA MARQUISE. Eh bien! Isabelle?...

MANUEL. Pardon, ma tante, est-ce qu’il y a longtemps qu’elle vous a quittée?...

LA MARQUISE. Non... pourquoi?...

MANUEL. C’est que...

Am ; VaurteriUa de la Haine d'une femme.

(A pari.)

Ail ! pour mon emur quolle atteinle mortelle !...

Soyons du moins ruallre de mon transport I...

LA MARQUISE. Mais enfin!

MAIU'LL.

{Haut.)

C'est qu'en ce moment... Isabelle..*

I LA iiAnguiBE.

I Eh l bien répondez ?...

[ * La Marquise, Manuel.

HÂ5CXL. i

Elle dort!...

À part,)

Ponr &OD repo**, jo dois me taire!...

Car son bonnear est son nnique bien I Si je dévoilais ce mystère,

Elle en mourrait, la pauvre mère 1... I

Ne disons rien I

Souffrons seul, et ne disons rien,

Pour son honneur, et pour le mien,

Partons, partons, ne disons rien.

LA MARQUISE. A demain donc , mon ne- Teu !...

MANUEL. Oui oui, à demain, mar-

(jnise!... (A pari.) Oh! je pénétrerai ce mystère!...

La Marquise rentre chea elle, Manuel sort par le fond.

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