SCÈNE III
DIANA, pios LE MINISTRE.
DIAN.A, seule. Oui, rarrangement qu'ils me proposeut me paraît as.sez biui: mais d’abord essayons encore une fois près du premicr minisire... le moment est bien eboisi... cette nouvelle liste de conspirateurs que j’ai à lui remettre doit le bien disposer pour moi... Le voici !
LE MINISTRE. Bonsoir, nia charmante!
DIANA. Ah ! monseigneur, pardon de vous avoir fait attendre... mais n'espérant pas sitôt votre excellence...
LE MINISTRE, l’our Dieu, ma toute belle, laissez là ces titres, vos laquais pourraient vous entendre; vous le tavez, ici je ne suis
* Disaa, Hercule, Uector, Guumil
pas l'homme d’État, le ministre; appelez-moi mon cher duc, c’est moins compromettant-, , et c’est bien plus doux.
i>iANA. Eh bien, soit, mon cher duc.
LE MINISTRE. A la bonne heure ! [Il lui baise la main.) Et, tenez, puisque nous voilà sur le pied de la familiarité, il faut que je TOUS consulte.
DIANA. Et sur quoi donc, cher duc?
LE MINISTRE. Je VOUS Connais un goût parfait, et je serais bien aise d'avoir votre avis sur ces diamants.
Il lui présente un ëcrin.
DIANA, l'examinant, lis sont fort beaux , et d’une eau admirable.
LE MINISTRE. Et VOUS plairait-il de vous en parer, à votre bal de ce soir?
DIANA. Impossib'e, monseigneur I LE MINISTRE. Impossible, et pourquoi?
</e Fleuretlt. (L. Pccct.)
De rette pclatante parure Le» fpBi »oot trop ëtinrelaots;
Le front tl*une bourgeoise obscure Ne soutiendrait pas, je le jure.
L'éclat trop vif de ces brillauts.
lU sont d’anc telle richesse.
Que pour le» porter, Eur ma foi,
Il faudrait être une duchesse,
Marquise, ou tout au tuoio» comtesse.
Monseigneur, rc n'est pas pour moi,
Gardez les, ce n'est pas pour moi.
Bile lui rend récrin, qu'il va dépour lur fa toileUt.
LE MINISTRE. J'eutends... encore ce désir d’aller à la cour.
DIANA. 11 vous serait si facile...
LE MINISTRE. Vous oubliez que sa majesté a seule le pouvoir de conférer des lettres de nobless.se.
DIANA. Vous êtes ministre, et un mol de vous...
LE MINISTRE. Pardon, belle dame, mais ce mot, je no le dirai pas. Il ne faut pas qu’au jour où je quitterai le pouvoir, on puisse dire qu'un premier ministre d'Espagne a payé les bontés d’une jolie femme du même prix que se paye une action d'éclat
DIANA. Qu'il n’en soit pins qnestion, monsieur le duc, et parlons d'aflaires plus sérieuses.
LE MINISTRE. Ah ! Oui, de ce complot formé eaatre le roi, contre moi-même... Mais est-il donc bien certain que l'un pense...
DIANA. A conspirer?... eh! vous le savez bien ; je n’en veux ponr preuve que les visites que vous me faites, à moi que vous n'aimez ^us depuis longtemps.
LE ministre. Obi madame.
DIANA. Vous ne m’aimez plus, vous disje.... mais mon affection, mon dévonement ne vous en sont pas moins acquis... etqnand après votre alMiidoii, les factieux, les mécontenis m’ont offert d'établir chez moi le siège de la conspiration, je les ai accueillis, monsieur le duc, non pour me venger, mais ponr vous servir en secret
LE MINISTRE. Oui, vous êtes une amie sincère et dévoilée, oui, vous êtes bonne....
Ainsi, c’est sériensement que l’on songe...
DIANA. A s’emparer de la personne du roi, à se défaire de votre excellence... Jngezen vous-même; voici les noms des conspirateurs.
LE MINISTRE. Qu’ai-je TU? les plus grands noms d’Espagne!... oh! mais halte-là, messcigneurs! Il y a autour du trône des ministres forts et puissants... et ceux-là sauront déjouer vos projets.
Ain : Ces hravee huuarü du 6*.
Non, (luel, que soient vos titres, votre nombre.
Ah t nVspére* pas réussir!
Pour conspiirr, vous vous glissez dons l’ombre.
Nous saurons vous y déeouvrir.
Nous saurons frapper et punir.
Des factions la devoir nous ordonne
De prévenir les malheurs infinis;
Et je réponds au roi de sa couronne,
A Dieu du sang de mon pays!
Oui, je réponds du sangda mon pays. (Bia.I
DIANA. Bien, bien, monsieur le dnc!.,.
Dans deux jours je vous donnerai les preuves et les plans de la runspiration.
LE MINISTRE. Dans deux jours. .Mais jusque-là il faut que mes visites, qoe nos entrevues restent secrétes... C’est nne affaire des |)lus graves ; il y va du salut de l’état.
DIANA. Comptez sur ma discrétion. Tout Madrid me cr ut brouilli'c à mort avec vous; aucun de mes gens ne connaît votre excellence.