‹ La grisette de qualite dramevaudeville en quatre actesChapitre 4 sur 39 · SCÈNE IV · texte numérisé non relu

SCÈNE IV

ISABELLE, LA MARQCISF., puis FEREZ.

LA MARQUISE. Maintenant que nous sommes seules, mon enfant, dis-moi donc pour quel motif tu refuses de montrer à .Manuel les lettres de notre parent.

ISABELLE. Moi, maman... c’est que...

LA MARQUISE. Allons, ne cherche pas à me tromper, tu ne sais pas mentir... J’ai bien compris que la raison que lu as donnée n’était qu'un prétexte devant Manuel , j’ai fait semblant de m’en contenter : mais, à présent, je veux tout savoir.. . Pourquoi brûlestu les lettres du duc dés que tu mj les as lues?...

ISABELLE. Que répondre?... Eli bien, maman, je vais tout vous dire... Si jc brûle ces lettres, si jc les cache avec soin à Manuel, c’est que, dans ces lettres il n’est pas question de lui... c’est que le duc n’envoie pas d’argent pour mon cousin.

LA MARQUISE. Est-il possible?...

ISABELLE. Et vous Comprenez que j’ai dû ménager sa, fierté qui s'irriterait s’il savait que des femmes partagent avec lui... vous comprenez que pour lui faire accepter nos dons, j'ai dû lui laisser croire qu’ils venaient de notre parenu..

Air ’. Loin de nous pour t'enrirhir.

C’était un rocn«ongf, bêlas l Mats il était nécessaire...

Ah! dite$*moi, bonne mère,

Que vous ne me blimex pas I

LA HARuvisa.

Moi te blâmer!... Je le jure Par CP9 larmes que lu vois,

D’un si génércui parjure Le ciel t'absout par mu voix.

Elle lui tend les bras

ISABELLE, g’y jetant. Ma mère!...

ENSEMBLE

'SABSLte.

Le baiser qu’elle me donne Me rend l’espoir, le bonheur;

Ce doux mot : je te pardonne I Vient de soulager mon cœur. . ^

I,A NARUI-'ISt. ^

Que le baiser que je donne Te rende espoir et bonheur l ('oiïinie moi le ciel pardonne.

Car il a lu dans ton cœur.

‘ Un Domestique entre, remet une lettre à Peres.

FEREZ*, entrant, bas à habelle. Vous savez , elle est adressé comme les autres à mademoiselle Julia.

ISABELLE, c'est bien... c’est bien, sortez.

Perez sort avec le domestique.

LA MARQUISE. Qu’est-ce donc... Isabelle?

* Ferez, Isabelle, la Marquise.

ISABELLE. Rien... rien, maman... c’est... c’est nne lettre...

LA MABQCISE. Gne lettre! de qoi donc?

ISABELLE. Mais.. . denotre parent, jecrois, lednc d'Alcala... oui, oui, c’estde lui, (arec ew^rros) je reconnais l'écriiure I

LA MABQL'iSE . Et que nous écrit-il ? sans donte encore de.', ('X|»|■es^jons bien sèches, bien liumiliaiilcsi

iSAiiELLE, qui U outii l la Uttre. Mais non, au contraire...

LA MARQUSK, Voyons, lis-moi cela.

ISARELLE. Oui, niamaii. [Parcourant la et à pari. ) « Ce soir, à ueuf heures, h » I hôtel Mariann. o [Parlant.) Conuuent taire?...

LA MARQUISE. Eh bien?

ISABELLE. Eh bien, maman, il nous annonce un nouvel envoi , une somme d’argent qne nous recevrons demain ou après.

LA MARQUISE. Ah! et il ne nous marque rien de plus ?...

ISABELLE. Pardonnez-moi, il termine en vous assurant de son respect et de son dévouement sans bornes.

LA MARQUISE*, te levant. Hélas! quand viendra le temps où nous pourrons nous acquitter envers lui, où la marquise de San-Lucar n'aura besoin des secours de person ne ?.. .

ISABELLE. Allons, calmez-vous, maman, et allez-vous reposer; tenez, appuyez-vous sur mon bras, quittez cet air triste qui me fait unt de peine, et souriez, souriez à votre Isabelle.

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