‹ La Grisette romantique, vaudeville en 1 acte de MM. Carmouche et É. Vanderburch... [Paris, Folies dramatiques, 17 juin 1840.]Chapitre 14 sur 30 · SCÈNE IX · texte numérisé non relu

SCÈNE IX

ATALA, puis TRtiCHET,

ATALA, soufflant te feu, A droite.

Oui, l’cflet de mes u-ois lettresest sûr ! Ça ne prend pas!., fl mon pauvre cœur, contiens tou impatience, pouah! quel mauvais charbon, et ils vendent ça IA sous le boisscao!.. fl bonheur! j'entends dans l'escalier une voix harmonieuse? (Elle place son soufflet sur la chaise, k manche tourné vls-4-vis le public, et va vers l'escalier.) .Non, c’est un Auvergnat qni porte une voie d'eau.

(On entend rire flans la chambre de Pamphile et Isidore et l'on chaule en choeur au bruit du eboe des verres.)

Air : Fragment J,, Ei.-»rur il' Frcatou. fit onde du d*ui : rme MU.)

(iais biberons,

Joyeux lurons»

Point d'ennui, point d'envie.

Le vin, le jour,

La nuit, l'amour,

Amis, faisons la vie.

ATALA, à gauche.

Hein? on rit, on chante, on déraisonne, oh !

contrastes amers delà vie... là, Jajoie.le plaisir, ici, le regret, le désespoir !

TBiCUET, sortant de la chambre, un cigarre à la bouche.

Non, non, je vas l'allumer avec un petit char* bon, ces ménages de garçon! (Riant.) Ils n’ont pas seulement d'allumettes !

(Il passe prés du réchaud.) ATALA, très surprise.

Ciel! que vois-je? mon horreur!

TRUCHET, à part, arec joie.

Dieu ! la voilà, elle a couru après moi ! bon ! bon ! faut pas avoir l’air... Ma leçon va commencer. (Faisant l'étonné, froidement.) Tiens! Tala, ici, c’te farce !

(Il prend un charbon avec les pincettes et allume sou clgarrc.)

ATALA, après avoir regardé la porte & gauche, va le saisir avec force par le bras.

Chez qui es-tu? d’où sors-tu? de chez elle?,. Te voilà pris! avoue donc que tu me fais la... Je ne veux pas dire le mol ! mais tu ne peux nier la chose !

1 T nie 11 ET. fumant toujours.

T»!a, vous rêvez! vous êtes bête comme le pot à l'eau que vous tn'avez cassé, voilà ce qui est d.iir.

Insolent! est-il insolent, celui-là! quand je soum-c! et tu as un cœur d’homme, toi? Non !

tu as une 3me de tigre, de reptile, de je ne sais quel animal! (Truchct rem le et fait une enjambée pour regagner A droite.) Ne crois pas m’érhapper, jeic poursuiverai comme le fantôme norturne. .. le spriirc des bois... Oh ! tu n'es pas au bout de tes peines, va !

TnüCBFT, i gauche.

Sensible amie, poétiquement parlant, vous me sciez le dos.

ATALA

Air : Jeune fille aux veut noir».

Oui t tu le veux, ingrat! ainsi que la panthère, nue blessa le chasseur, et quell’ guetteen tous lieux, Quaud tu te cacherais au lin fond de la terre,

Je t’y suivrais encore... oui ! pour te vexer mieux!

, WrurRtil. ;

Moi, si douce,

Il repousse,

Mes efforts,

Mes transports,

(FimcMr.}

Eh I bien, tremble.

Car, ensemble,

Nous vivrons.

Nous mourrons !

Je serai la furie...

TBUCliET, fumai il

Je vous crois, farce à part.

Car déjà, chère amie.

Vous êtes mon cauch'marî

(Il monte au fond on te promroRuI J

ATALA

Grossier personnage ! est-il possible que moi j’aie pu m’occuper de ça! de ça! moi. Mademoiselle Atalaî (Elle le montre.) Un physique pareil! regardez! voilà quelque chose de beau, de joli !

TRUCHET, s’admirant.

Ce n'est peut-être pas gracieux !

(Il fait un entrechat.)

ATALA

J'ai pleuré, j'ai souffert ! (En drame moderne.) Mon dieu! mon dieu! mais j'étais donc folle, ob! oui, oui, mais j’étais folle !

TRUCHET.

Fallait pas vous déranger, on n'attendait pas après vous; d’ailleurs, il est encore temps, vous n’étes pas encore aux incurables !

- ATALA

Oui, c'est cela, vous laisser Iran juille, et maintenant que vous avezassouvi votre trahison, que vous vous êtes repaît de mes larmes, je puis m’eu aller me promener, n’cst-cc pas ? vous l’entendez ainsi, lâche séducteur, n'est-ce pas?

triche r, soufflant une bouffee de fumée.

Sensible amie, vous me faites beaucoup de peine!

ATALA, vivement.

Je te fois de la peine, vrai! embrasse-moi !

iTÇnvtu! dis-moi que lu m'aimeras!

bCÈN'E XUI.

TRUCHET, à pari. ,4,

Hum! si j'osais; mais pas encore! elle abuserait de sa victoire! (Haut, après l'avoir regarde* avec tendresse ei la repoussant.) Noo, non, ça vous ferait du mal!

atala, avec fureur.

Il raille! mais cet homme n’est pas un homme! c’est une chose! une apparence! scélérat! (Elle regarde autourd’elle A droite.) *”est donc un combat à outrance, un duel à mort, que tu veux, exécrable quincailler? Eh! bien, tu l’auras !..

(Elle étend la main droite, prend le soufflet par le manche et l’élève en l’air, en altitude menaçante:

Ici Pamphile et Isidore paraissent a la porte de leur chambre.)

TRUC U ET, Impassible.

Tala, ne jouons pas aux soufflets; vous ne seriez pas de force à ce jeu-là.

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