‹ La Grisette romantique, vaudeville en 1 acte de MM. Carmouche et É. Vanderburch... [Paris, Folies dramatiques, 17 juin 1840.]Chapitre 24 sur 30 · PAMPHILE, ATALA · texte numérisé non relu

PAMPHILE, ATALA

PAMPHILE , paraissant avec une petite corbeille de café , contenant une tasse , du sucre, etc.

Dieu ! la voilà!

ATALA , à mi-voix.

Il a l’air un peu... jobard , mais ça lui va asaez bien!

PAMPUILK, a part.

Comme elle al’air sentimental!.. (Haut.) Vous m’avez trouvé , peut-être , bien audacieux... j'espère que vous me pardonnerez.

ATALA , avec dignité.

De quoi donc?.. L'ne demi-tasse... c’est de ces choses qui peuvent s’offrir, et qu'une femme bien liée apprécie toujours. (Le regardant 1 part, pendant que Pamphile lui verse du café.) 11 a une jolie oreille. (Haut.) Un peu plus!

PAMPHILE

Vous pouvez y trouver une preuve de nton sentiment,,.

ATALA . qui a goûté le café.

Il n’est pas trop chand , mais c'est égal.

PAMPHILE, très galant.

Je n’ai pas appnrlédc petit verre... j’ai pensé qu’une jolie femme...

ATALA

Ou ne peut pas lotit avoir... la vie csl ainsi faite, rien de complet !.. Vous seriez-vous privé pour moi?

LA CRISKTTE ROMANTIQUE .

PAMPHILE , prenant un morceau de sucre. «Ô» PAMPHILE, tombant à genoux.

Non , non ! mais je m'estimerais heureux , si vons me permette/, de plonger un canard dans Totrc bain de pied !

ATA LA , lui présentant la soucoupe.

Pauvre garçon ! faites comme chez vous.

(Pamphile trempe un morceau de sucre dans la soucoupe que tient Atala.)

PAMPHILE

Oh! qne c’est bon... encore! voilà le meilleur canard que j’aie mangé de ma vie... ce que je viens de prendre, et puis votre vue... en voila assez pour m 'empêcher de dormir. (Avec sentiment, les yeux au ciel.! Si vous saviez combien j’éprouve le besoin d'aimer !..

ATALA , h part.

Il y vient naturellement ! (Haut , avec tendresse.) Oh! je vous comprends bien !

PAMPHILE

Eh lien . vous être la première ! jusqu'à présent, j'ai été un homme incompris... Vous savez, c'est le malheur de l’époque... tous les grands auteurs s'en plaignent !

ATALA

Et les malheureuses femmes, mon cher? sontelles incomprises, celles-là!., aussi, le bateau à vapeur de leur existence est-il assez balotté sur les vagues de la vie !

PAMPHILE

Il y en a qui ont bien de la pciue à mener leur barque... n’esl-ce pas?

ATALA

Ah ! mon cher Monsieur ! j'avais un amour au cœur... un amour de jeune fille, et ma vie a été brisée!., j'avais cru trouver un appui, j'avais cru m’enlacer à l’ormeau, et je n’ai trouvé...

PAMPHILE

Qu’un véritable cornouiller! votre vilain magot de Trucbet... Je vous comprends aussi, moi !

ATALA

Vous me comprenez?., j’en suis bien aise!

ça prouve votre intelligence exquise !

PAMPHILE, tendrement.

Oh ! oui!., oh ! oui !.. nous étions faits pour nous entendre!.. Quand je vous ai vue, c’était dans une butigiiollaisc... et je inc suis dit: Quelle jolie dame blanche!.. Vous aviez une robe verte... Oh ! que de fois j’ai songé à vous, en regardant les béarnaises, les aiigustines ; et, je l'affirme , vous étiez devenue uia pensée favorite !

ATALA, avec une emphase sentimentale.

Si vos paroles ne sont pas l’image d’une lueur mensongère, semblable à ces feux trompeurs qui égarent souvent le pèlerin égaré...

PAMPHILE

Non, non , non !.. O ! Atala, voulez-vous de moi pour Chactas... déjà vous en avez accepté une... et si vous vouliez de mou amour ! Mais c’est que votre ancien... vous teniez à sou cœur?

ATALA

Son cœur? ch! le malheureux n’en a point , Monsieur ! IJ n’ca a jamais eu , il n’en aura jamais!.. ,

Mais moi, j'en ai un!,. En voulez-vous? en voulez-vous? en voulez- vous ?..

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