I. — EXISTE-T-IL UNE PERFORATION EN PÉRITOINE LIBRE
L’ulcère perforé bouché comporte-t-il une phase de perforation en péritoine libre qui évolue d’une façon abortive et se bouche ensuite ? Il est bien difficile de répondre à cette question, car les signes de perforation, dans ce cas, sont bien discrets et passent souvent inaperçus. Nous avons cependant trouvé dans la littérature médicale une statistique, publiée par Gjankovic (Zagreb), qui montre combien cette perforation est rare et rarement diagnostiquée. Jusqu'à 1937, il n’a été publié que les cas suivants (tous avaient eu une phase de perforation ouverte très discrète, et qui était passée inarperçue, mais qu’un interrogatoire serré aurait peut-être permis de découvrir).
Urrutia, en 1929, dix-huit cas; Wickborn, en 1928, cinq cas; Burkle de la Camp, en 1929, cinq cas (sur vingt-quatre ouverts, soit 20 %); Talama, sept cas; Aigro, un cas, ainsi que Breitkopf; James, Ityd, Mateson, six cas (sur soixante-
Lee
quinze ouverts, soit 8 %); Pohl, un cas; Ponivan, trois cas: Sandulovskij, six cas; Rais et Koch, huit cas; Mühsau, treize cas.
Il ressort de cette statistique, nous semble-t-il, que le terme de perforation bouchée n’est exact qu’au point de vue anatomo-pathologique, mais ne correspond à aucune réalité clinique.
Gjankovic Hugo, qui ne cite malheureusement aucun rapport radiologique, dit que ces cas peuvent guérir spontanément, et donne dans une autre statistique des pourcentages de guérison variant de 1 à 5 %. Tout cela semble improbable car, selon l’opinion de tous les anatomopathologistes, la guérison, c’est-à-dire la réparation de la paroi gastrique, ne s'effectue en entier qu’autant que la muscularis mucosæ est intacte, ce qui n’est pas le cas présentement.
De l’examen des statistiques que nous avons citées, il ressort que la perforation en péritoine libre guérie spontanément est rare et que son diagnostic clinique est presque impossible à établir, car bien souvent le malade n’a pas distingué l’épisode aigu caractéristique sur le fond continu de ses douleurs.