I. CRITIQUE DES VARIÉTÉS DE GROSSESSE INTERSTITIELLES PROPOSÉES
1) La grossesse intramurale existe-t-elle? — Raschkes, et il est presque seul de son côté, n'y croit pas. Ii nous suffira de citer quelques cas pour démontrer qu'elle ne fait aucun doute.
Kannegiesser et Junge présentent une observation relatant l'existence d’une communication entre la cavité foetale et la cavité utérine, avec, à côté, les deux orifices de la trompe normaux et perméables.
Wolff est capable de suivre la trompe dans un cas de grossesse interstitielle jusqu'à son orifice utérin, sans jamais entrer en contact avec la cavité ovulaire.
Waegeli, dans ses deux cas personnels, peut, lui aussi, démontrer histologiquement l'existence de la trompe refoulée à la périphérie du sac ovulaire.
Nous avons aussi trois cas où, à côté de la cavité foetale, on peut suivre la trompe refoulée, mais perméable tout de même.
Il y a encore les cas de Lôwitt, de Beckmann, de v. Franqué et Garkisch, de Bosse, de Ulesko-Stroganowa, où l'oeuf est absolument paratubaire et séparé de la trompe et de la cavité utérine par du muscle.
2) La grossesse intracanaliculaire existe-t-elle? -—— La question est très importante, car, si cette grossesse n'existe pas, les deux autres variétés de grossesse interstitielle, à savoir, la grossesse tubo-utérine et la grossesse utéro-tubaire, n'existent pas non plus.
Avec Raschkes, un grand nombres d'auteurs croient en son existence ; Picacek, Bar, Couvelaire, Mouchotte, Merciér, Léopold, BraxtonäHicks, Bandl, Lehmann, pour ne citer que quelques-uns.
Autrefois, la grossesse tubaire était nettement séparée de la grossesse utérine, or, d’après eux, il existe des types intermédiaires entre ces deux grossesses. Ear a décrit une grossesse angulaire développée dans une corne utérine et voisine de la grossesse interstitielle, mais comme tous les symptômes auxquels elle donne lieu disparaissent vers le 4e et 5e mois, elle passe le plus souvant inapercue.
L'ostium utérin n'est pas invulnérable : des faits indiscutables (Bar et Mercier) démontrent que certaines grossesses angulaires sont en réalité angulointerstitielles, qu’elles empiètent sur l'orifice tubaire. Il en est de même pour la limite tubaire de la partion interstitielle de la trompe, de ce côté encore, des étapes successives entre le développement tubo-interstitiel et le développement tubo-isthmique existent (Couvelaire et Mouchotte).
Lequeux écrit: «la limite entre une grossesse tubointerstitielle et une grossesse isthmique, entre une grossesse utéro-interstitielle et une grossesse angulaire, est souvent difficile à préciser, mais on ne doit pas, pour cela, rejeter la classification des grossesses développées dans le canal tubaire qui évoluent vers l'utérus ou vers la trompe.»
Dans le cas de Braxton-Hicks, un oeuf de cinq mois et demi a été expulsé sans le placenta à travers le vagin. Trois jours après la mort survient à la suitc d’une hémorragie interne; on constata le présence d'un sac ovulaire rompu dans la corne droite qui contenait encore le placenta et qui s’ouvrait dans la cavité utérine par une ouverture de 2 mm.
Maschka, dans un autre cas, trouva le tronc expulsé seul par les voies naturelles, tandis que la tête et le placenta ont été expulsés par une large fissure dans la partie supérieure de la paroi ovulaire et fu-