PRÉFACE VU
< I épo put ation relative dont souffre la Fi a n ce .
Telle est aussi l'opinion de M. Bouchacourt. Il pense et c'est sa dernière phrase que « la culture de l'enfant en germe est « le premier des devoirs de L'humanité » ; c'est pourquoi il a écrit ce livre et il a bien fail.
Pierre Budin.
3oaulieu-sur-Mer, le 2 mars 1901.
« Tant s'en faut qu'on soit fondé, par « une suite de faits bien observés, à <( assigner à la naissance de l'homme un « terme constant et invariable ; que même <( le terme moyen et ordinaire est plus « difficile à constater qu'on ne l'imagine « communément. Si vous remontez à la « plus haute antiquité, au temps de Sa- « lomon et d'Homère, ou l'on n'avait « pas encore d'opinion bien distincte sur <( ce point, ou ce n'était pas tout à fait « celle qui a prévalu depuis. »
Recherches sur la durée, de la grossesse et le terme de V accouchement par un anonyme. Amsterdam, 1765, chapitre 3i, page 3a.
La variabilité, que présentent les graines et les fruits à parvenir à maturité, est une manifestation banale de ce fait: que la nature met un temps variable à faire éclore ses différentes productions.
Il est incontestable que des graines semées en même temps, dans le même terrain, et avec les mêmes précautions, c'est-à-dire dans des conditions de développement qui paraissent
BOUCHACOURT. ' I
devoir être identiques, sont loin de lever toutes en même temps.
Il existe quelquefois une telle différence, entre les progrès de la végétation de telles graines, que les unes sortent seulement de terre, alors que les autres sont déjà en fleur.
De même, tous les fruits d'un même arbre sont loin de mûrir au même moment ; on voit souvent s'écouler un espace de 7 à 8 jours, et quelquefois même davantage, entre la maturité des premiers et celle des derniers.
La meilleure preuve qu'on puisse invoquer, contre l'immuabilité des lois de la nature dans la maturité de ses produits, c'est l'influence acquise par l'industrie humaine, pour accélérer le processus évolutif de bien des êtres vivants.
Chez la plante, pour hâter l'accomplissement de son cycle végétatif, il a suffi de lui fournir en abondance de l'eau, des engrais, et surtout de la chaleur, en la plaçant dans une serre ou sous bâche.
En effet, si on augmente la quantité de calories nécessaires au développement d'un végétal quelconque, on peut presque toujours activer sa germination, et la formation des fleurs aussi bien que celle des fruits.
C'est sur ce simple principe qu'est basée
l'industrie, de plus en plus florissante et rémunératrice, des végétaux dits de primeur.
En est-il de même pour les animaux et pour l'espèce humaine ?
Pendant des siècles, on a ajouté foi à la conception philosophique, de l'immuabilité des lois qui président à la maturité des productions de la nature, ayant pour but la pérennité des espèces animales.
Et pourtant, il suffisait de remarquer ce qui se passe chez les animaux soumis à notre observation, pour être convaincu de la valeur de ce prétendu axiome.
D'ailleurs, alors que, d'une façon générale, toutes les évolutions périodiques de l'organisme animal présentent des variations considérables, pourquoi n'en serait-il pas de même de la fonction de reproduction ?
Pourquoi la gestation serait-elle une fonction à durée fixe et invariable, alors que la dentition, la puberté, le rut, la menstruation, etc., présentent d'innombrables variations ?
Chez les animaux domestiques, il est relativement assez facile de déterminer, avec précision, la durée de la gestation, puisqu'il est presque toujours possible de préciser la date du coït fécondant, qui est unique clans la plupart des cas.
k ÉTUDES SUR LA GROSSESSE
Mais on a objecté que cette durée n'était elle-même qu'apparente, et que la durée réelle, c'est-à-dire le temps écoulé entre la rencontre du spermatozoïde et de l'ovule, et l'expulsion clu fœtus, était toujours inconnue, puisque le moment de l'imprégnation nous échappait dans tous les cas.
Schrœder (i) est venu encore embrouiller la question, en affirmant qu'il peut s'écouler un intervalle de i5 jours, chez la femme, entre l'instant du dépôt du sperme dans les organes génitaux, et le moment de l'union intime du spermatozoïde avec l'ovule.
Schrœder semble avoir surtout basé cette opinion, sur la constatation qu'il a faite, de spermatozoïdes vivants, dans le col utérin, plus de i5 jours après le dernier coït.
Mais rien ne prouve que ces animalcules puissent conserver aussi longtemps une vitalité— j'allais dire une virulence — suffisante pour pouvoir féconder l'ovule !
D'ailleurs, chez les animaux, le coït n'ayant lieu le plus souvent qu'au moment du rut, c'est-à-dire à une époque où l'ovule est en état d'être fécondé, il est bien difficile d'ad-
. (i) Lehrbuch der Geburtshûlfe, p. 78, 5 Aufl. Bonn,.
mettre qu'un spermatozoïde, embusqué derrière un repli muqueux, puisse n'atteindre son but qu'après une attente d'une quinzaine de jours.
On doit donc croire que, chez les animaux, la fécondation a lieu dans les quelques heures qui suivent le coït fécondant.
En est-il de même dans l'espèce humaine ?
Évidemment non; et cela pour deux raisons: la première, c'est que la date du coït fécondant n'est presque jamais connue ; la seconde, c'est que, le coït ayant lieu le plus souvent à une époque quelconque de la période intermenstruelle de la femme (rarement pendant les règles), et étant fréquemment répété, on ne sait véritablement pas à quel moment l'ovule se trouve en état de réceptivité physiologique, ce qui enlève toute valeur à la date d'arrivée du spermatozoïde.
De telle sorte que, quand bien même on connaîtrait, d'une façon exacte, le moment du coït fécondant chez la femme, il ne nous semble pas que ce renseignement ait autant de valeur que chez les animaux.
Mais la détermination de la date du coït fécondant est-elle facile dans l'espèce humaine ?
Chez les musulmans, il est probable que cette notion peut être aisément fixée. D'une
façon générale, dans tous les pays où règne la polygamie, on doit pouvoir, dans bien des cas, obtenir ce renseignement précieux, qui a d'autant plus de valeur que la femme est moins libre.
C'est ainsi que, en Chine, dans le palais impérial, chacune des 72 concubines ayant un véritable livre de compte de coït, il suffit de s'y reporter au moment voulu.
M. Matignon nous donne, sur ce sujet, les détails suivants (1):
« Quand l'empereur désire une femme, il « inscrit son nom sur un jeton, le donne à « l'eunuque, qui le remet à la femme élue.
« Celle-ci est portée, en chaise, dans la « chambre de son auguste maître. Deux « eunuques veillent à la porte, et, au point « du jour, vont réveiller l'impériale concu- « bine, qu'ils ramènent dans ses apparte- « ments. Son nom est inscrit sur un registre « spécial, où il est noté que, telle nuit de « telle lune, elle a eu des rapports avec l'Em- « pereur, lequel appose sa signature au bas « de cette constatation.
« Cette comptabilité est destinée à sauve-
(1) Matignon. Superstition, crime et misère en Chine, 1900, p. 264.
ce garder les droits des enfants qui pourraient « naître. »
On peut affirmer que, chez les peuples civilisés, et où la liberté de la femme est presque absolue, la détermination de la date du coït fécondant est généralement impossible, et cela pour des raisons multiples.
Ayant été chargé, du 18 juin au Ier novembre dernier, du dortoir des femmes enceintes à la Clinique Tarnier, j'ai interrogé, sur ce sujet délicat, un grand nombre de malades du service.
Outre que beaucoup d'entre elles ont paru très vexées de cette question, qu'elles considéraient non seulement comme indiscrète, mais encore comme injurieuse, sous-entendant l'hypothèse d'un coït unique, je n'ai que bien rarement pu obtenir de renseignement précis.
Dans l'immense majorité des cas, on ne peut donc se baser, pour déterminer la durée de la grossesse, c'est-à-dire le terme probable de l'accouchement, que sur la date des dernières règles; de telle sorte que, si la femme est devenue enceinte pendant une période d'aménorrhée, par exemple alors qu'elle allaitait, l'incertitude devient complète.
On conçoit que, suivant que les règles habituelles ont une allure régulière ou irrégulière, la valeur du renseignement, constitué
jj . ÉTUDES SUR LA GROSSESSE
par la date des dernières règles, soit très variable.
D'ailleurs, il est certain que bien des femmes de l'hôpital sont incapables de préciser cette date ; elles restent dans le vague, ou se contredisent du jour au lendemain.
En cela, comme pour la détermination du coït fécondant, il faut se rappeler ce sage conseil du Père Gury (i) : <c Le confesseur ne « doit pas ajouter foi tout de suite aux paroles « d une femme..., parce que les femmes sont « d'habitude portées à mentir. »
Mais, en admettant qu'on se trouve en présence d'une date de dernières règles nettement précisée par une personne suffisamment véridique, peut-on prévoir exactement le terme de l'accouchement ? Evidemment non, quoique les accoucheurs aient essayé de résoudre le problème de bien des façons : les uns en prenant le dernier jour, les autres le premier jour des dernières règles ; les uns en faisant des soustractions, les autres des additions de mois, pour ajouter ensuite un nombre de jours très variable suivant les auteu rs.
Pondant longtemps, avec Levret, on a
(i) Gury. Théologie morale, article 38i.
compté 9 mois et i5 jours. Aujourd'hui, ou n'ajoute guère que 10 jours à la fin des dernières règles, et on avoue modestement : qu' « il faut compter avec une erreur possi- « ble, et relativement fréquente, de 3o jours « et plus (1). »
' Il semble donc que la durée de la grossesse soit variable entre certaines limites assez étendues, de même d'ailleurs que l'incubation, et que la gestation des animaux qui sont accessibles à notre observation.
C'est ce que j'espère mettre en relief dans ce travail, dont le plus grand mérite réside dans les nombreuses et patientes recherches bibliographiques, auxquelles j'ai été conduit sans presque m'en apercevoir, quand j'ai été saisi dans l'engrenage de la question.
Enfin, j'ai été amené à passer en revue les différentes causes capables de raccourcir, ou d'allonger, la durée physiologique de l'évolution de l'œuf dans les utérus accessibles à l'observation.
J'ai éliminé systématiquement tout ce qui rentrait dans le cadre de la pathologie.
(1) Varnier. Obstétrique journalière, j). 63,1900.
i) CAUSES ET MÉCANISME DE l'ÉCLOSION.
A partir du premier instant de l'incubation, les différents éléments, qui constituent l'œuf fécondé des ovipares, subissent une série de transformations, dans l'enveloppe résistante qui les sépare du monde extérieur.
L'embryon, dont l'accroissement ne se fait qu'en volume, occupe progressivement une partie de plus en plus grande de la cavité de l'œuf, au fur et à mesure de la constitution de ses différents appareils.
Mais, lorsqu'un corps, dont le volume augmente constamment, est contenu dans un autre dont l'extensibilité est très limitée, il arrive un moment, où la loi des rapports entre le contenant et le contenu donne lieu à la production de phénomènes nouveaux : c'est ce qui constitue l'éclosion.
L'expulsion physiologique de l'embryon, chez les ovipares, n'a pas d'autre origine
i2 ÉTUDES SUIi LA GROSSESSE
qu'une rupture d'équilibre entre le volume du contenant et celui du contenu ; mais elle est déterminée par la seule vitalité du contenu.
Les phénomènes précurseurs de l'éclosion sont constitués par des fendillements, qui se produisent de tous cotés h peu près également, la résistance de l'enveloppe extérieure étant sensiblement uniforme.
Sous l'influence de la disproportion survenue entre le contenant et entre L'embryon complètement développé, la tête de celui-ci présente un mouvement de déflexion qui la libère : c'est le temps secret de l'éclosion.
Ce mouvement est sans doute déterminé par la gêne et par la compression qu'exerce le contact continu de la coquille sur le cou de l'oiseau, dont la tête est constamment logée s.ous l'aile droite.
Ce temps peut être comparé à celui du tassement dans l'accouchement, quoique l'action en soit exactement inverse.
La rupture de l'enveloppe extérieure est produite uniquement par les mouvements actifs de l'embryon, exécutés suivant un mécanisme bien déterminé.
Chez l'oiseau, le bec vient d'abord user, puis perforer, en un point, la coquille de l'œuf, dont le trou est agrandi peu à peu : c'est le
INCUBATION i3
second temps, qui est accompli quand l'œuf est bêché.
Dans le troisième" temps, l'oiseau tourne sur lui-même, en prenant un point d'appui solide, avec son bec, au niveau de la brèche qu'il vient de pratiquer, dans le mur qui le sépare du monde extérieur.
Enfin le quatrième temps est constitué par la division de la coquille en deux parties, grâce à une poussée exercée par l'oiseau de dedans en dehors, suivant un mode analogue à celui du chat faisant le gros dos.
Ce mécanisme de l'éclosion n'est d'ailleurs pas général, car, d'après Cornevin (i), le bec ne serait pas utilisé par certains oiseaux, notamment par les autruchons, la rupture de la coquille se faisant alors sous la seule poussée excentrique.
Il peut donc y avoir anomalie par absence du deuxième et du troisième temps.
Puisque les phénomènes, qui président à la naissance des ovipares, sont d'ordre purement mécanique, et que c'est le nouveau-né luimême qui procède à son extraction, il est Logique de prévoir que, toutes les causesd'augmentation ou de diminution, dans l'ac-
(i) Traite de zootechnie générale, 1891, p. 829.
ttf ÉTUDES SUR LA GROSSESSE
croissement de l'embryon , pourront avoir pour effet de raccourcir, ou d'allonger, la durée de l'incubation.
VARIATIONS' DANS LA DUREE DE l'ïNCUBATIOX
a) Incubation solaire. — Ce qui se passe dans le règne végétal, permet de prévoir que l'époque de l'éclosion doit être variable, poulies animaux qui confient aux seuls rayons solaires le soin de faire éclore leurs œufs.
C'est ainsi que, sur une quantité de cocons de vers à soie, exposés ensemble au soleil, les uns éciosent plus tôt que les autres ; la différence, entre les premières et les dernières éclosions, est même considérable, surtout si on la compare à la faible durée de cette incubation.
(3) Incubation animale. — Aristote avait déjà observé les mêmes variations chez les animaux qui couvent leurs œufs, c'est-à-dire qui se chargent, eux-mêmes, de leur fournir la chaleur nécessaire à l'incubation. Il avait constaté, en effet, que les œufs éciosent plus tôt en été qu'en hiver ; car il dit (i) : « que, pour les « poulets, c'est l'ouvrage de 22 jours en été, et « qu'en hiver cela va quelquefois à 25. »
(1) Au chapitre II du 6° livre de l'Histoire des aniimiux.
INCUBATION i5
Dans ses Nouvelles observations sur les naissances tardives, Le Bas (i) insiste sur ce fait que les œufs d'une même poule n'éclosent pas le même jour, ni au même instant; ce qui, d'après lui, serait dû, pour les plus précoces, à une « meilleure disposition à se dé- « velopper, s'accroître et se perfectionner ».
Dans les Recherches sur la durée de la grossesse par un anonyme (2), on trouve rapporté, comme le résultat d'observations faites par le Père Du Tertre, que les œufs de poule éclosent quelques jours plus tôt aux Antilles qu'en France.
L'auteur ajoute : « On m'a assuré qu'on en « avait vu éclore un en 17 jours dans de la « tannée, où on élève les plantes des climats « les plus chauds ; » et il croit pouvoir conclure de ces faits : « que l'invariabilité de la « durée de l'incubation n'est rien moins que « prouvée. »
D'après A. Petit (3), pour les œufs de poule, la différence, entre le terme le plus court de l'incubation et le plus long, serait de 5 jours, c'est-à-dire de la cinquième partie du total.
(1) Le Bas, 1766, p. 8 et 9.
(2) Editées à Amsterdam, 1765, p. 55.
(3) Recueil de pièces relatives à la question des naissances tardives, 1766, p. 167.
iG ÉTUDES SUR LA GROSSESSE
On a observé, depuis longtemps, que les œufs d'oie, couvés par la mère, présentaient une durée d'incubation moindre que quand ils étaient placés sous une poule.
Une légère variation saisonnière, dans la date de l'éclosion, est admise aujourd'hui par tout le monde, pour les oiseaux de basse-cour.
Pour les œufs de poule, la durée de l'incubation serait de 21 jours en hiver, et de 20 jours en été.
Chez le cygne, elle varierait de 35 à 4o jours.
Cornevin a fait des constatations analogues chez le pigeon ; car, dans son Traité de Zootechnie générale (1), il déclare formellement que « le pigeon, qui couve en hiver, met « de 19 à 20 jours pour provoquer l'éclosion, « tandis qu'en été 17 à 18 jours suffisent. »
D'après M. Chevassu (2), les dindons sortent de l'œuf le trentième jour ; « quelquefois, « cependant, le trente et unième ou le trentece deuxième, selon la chaleur de la saison ou « l'assiduité de la couveuse... Tous les din- « donneaux ne sortent pas le même jour de « leur coquille. »
(1) Chapitre gestation et incubation, p. 819. (:>.) Nouvel art d'élever les dindons p. 1 4 ■ Chez Le Bailly éditeur du Journal des Campagnes.
INCUBATION i7
Pour M. Benoist(i), il faut 27 à 3o jours d'incubation pour les oies, « à moins que le « temps n'ait été fort chaud, auquel cas, il ci eu éclot dès le vingt-cinquième jour. »
Le même auteur insiste, sur la nécessité de retirer du nid les oisons, à mesure qu'ils sortent de leur coquille, « autrement la mère « abandonnerait les derniers œufs, qui, quel- « quefois, n'éclosent que deux ou trois jours « après les premiers. »
M. Verguet, garde faisandier, rapporte (2) la même opinion, et dans des termes presque identiques, relativement à l'éclosion des faisandeaux, qui se fait généralement au bout de i\ à 2.3 jours d'incubation, « quelquefois un « peu plus tôt, quelquefois un peu plus tard « suivant la chaleur de la saison et l'assi- « duité de la poule a couver. » •
Pour le même motif que pour les oisons, il faut retirer les premiers nés, sans quoi la poule abandonnerait « les derniers œufs, qui « n'éclosent quelquefois que 2 ou 3 jours « après les premiers. »
D'après M. Routillet (3), pour les canards
(1) La vraie manière d'élever les oies, p. 19.
)2) L'art d'élever les faisans, p. 26.
(3) Nouvel art d'élever lès canards, p. 17.
Bouchacourt.
« il arrive assez souvent que des œufs éclo- « sent quelques jours avant les autres. » Aussi faut-il se comporter de la même façon que pour les autres oiseaux de basse-cour.
J'ai assisté par hasard, au mois de juin dernier, dans Saône-et-Loire, à l'éclosion d'une couvée de canards de Rouen; un œuf a été notablement en retard sur les autres. Ce simple fait montre bien la fréquence des variations que peut présenter la durée de l'incubation. Alors que tous les œufs habités étaient éclos, — le Ier depuis 26 heures, — la coquille de ce dernier œuf était bêchée ; mais son occupant paraissait n'avoir pas la force de « faire son premier pas dans le « monde », suivant l'expression de Foster et Balfour.
Je me crus donc autorisé à briser doucement la coquille, pour faciliter la sortie du retardataire.
Ce caneton, qui était notablement plus petit que les autres, et qui avait l'ombilic encore ouvert, fut alors immédiatement installé par moi au-dessus d'un fourneau, dans un panier contenant du coton hydrophile. Je le frottais à plusieurs reprises, dans l'espoir de le sécher, avec du coton chauffé au préalable.
Pendant plusieurs heures, ce caneton ne donna d'autres signes de vie que des batte-
1 XCUBATION 19
ments cardiaques, et des mouvements respiratoires, d'ouverture du bec et de déglutition; enfin il présenta des trépidations épileptoïdes clans les pattes ; il n'ouvrit les yeux que plusieurs heures après.
Ce n'est que le lendemain matin, 6 juin, que ce dernier-né put se tenir sur ses pattes. On lui fit quitter son fourneau, et on le rendit à la poule, qui fit d'abord quelques difficultés pour le reconnaître, sans doute en raison de sa petite taille. Pendant toute la journée, ce caneton ne suivit les autres qu'avec difficulté, cherchant constamment à se blottir sous la poule, qui hésitait encore à le recevoir.
Sur ces six œufs de canard, placés exactement dans les mêmes conditions, et dont le germe a évolué, la durée de l'incubation a donc présenté de notables variations.
La première éclosion s'est produite le vingtneuvième jour, et la dernière n'a commencé que; 26 heures après la première, dans l'après-midi du trentième jour, pour donner naissance à un caneton, qui est encore aujourd'hui plus petit que ses frères. Il me paraît même très probable, étant donnée la faiblesse initiale de ce sixième caneton, que cette dernière éclosion eût duré encore assez longtemps, si elle avait été abandonnée aux seules forces de la nature.
ao ÉTUDES SUR LA GROSSESSE
De telle sorte que l'incubation du premier caneton a eu, comparée à celle du sixième, une durée inférieure de 2G heures au moins. Et c'est l'incubation la plus longue, qui a donné naissance h un produit manifestement débile, si on tient compte des caractères mêmes présentés au moment de l'éclosion, et pendant les il\ heures qui l'ont suivie.
y) Incubation artificielle. — Ce qui prouve bien que l'égalité de chaleur, pour des œufs, n'implique nullement l'éclosion au même instant, c'est que, dans ce mode d'incubation, pratiqué déjà en Egypte au temps des Pharaons, par les prêtres d'Isis, le régime des éclosions n'est pas sensiblement différent de celui de l'incubation naturelle.
Avec les couvées d'oeufs pondus à huit jours d'intervalle, il est conseillé (1) d'ouvrir la couveuse artificielle, pour réunir les œufs bêchés, et pour les retourner.
On sait que, en sériciculture, vers le i4ejour en moyenne, les vers commencent à grouiller dans les tiroirs de la couveuse, et piétinent les œufs qui ne sont pas encore éclos. Les éleveurs emploient même divers artifices pour
(1) Paul Devaux. Éclosion et élevage des poulets dans Le Monde moderne (novembre 1898).
délivrer ces œufs de leurs précoces oppresseurs.
A la séance du 16 juin 1900 de la Société de Biologie, M. Loisel a montré des œufs de poule fécondés dont il avait cassé la coquille, et dont le jaune et l'albumine, mis dans des çristallisoir.s stériles, avaient été placés dans l'étuve à 370. L'embryon était en voie de formation.
Il serait extrêmement intéressant de pousser plus loin ces expériences, et de chercher à voir entre quelles limites extrêmes, peut évoluer cette incubation, non plus seulement artificielle, mais bien in vitro.
3) causes des variations dans la duree de
l'incubation
A) Influence du père. — On a noté de tout temps que, dans un poulailler, • quand le coq était vieux, la proportion des œufs fécondés était moindre.
Mais Le Bas, dans ses Nouvelles observationssu/- les naissances tardives, déclare — sans cependant l'affirmer — que la prolongation de la durée de l'incubation peut être attribuée au surmenage de l'animal reproducteur.
« Jl est possible, dit-il (1), que les germes
(1) Le Bas, 1765, p. g, lac. cit.
a d'un vieux coq, même d'un jeune, transmis « aux ovaires d'une poule, après des services « réitérés, soient moins énergiques que ceux « qu'il aura fournis en commençant son <( exercice.
« Cela posé, les uns auront plus d'aptitude « pour le développement de leurs parties, « pour la nutrition, l'accroissement et la perce fection nécessaires à la sortie des poulets a qui en naîtront au terme le plus ordinaire, « et les autres beaucoup moins. »
B) L'influence de la race est incontestable. Elle parait surtout marquée chez le canard,
puisqu'il y a une différence de dix jours, entre les termes extrêmes de la durée de l'incubation de la race commune, et du canard de Barbarie ; ce qui représente près du tiers de la durée totale du temps nécessaire à l'éclosion de ces animaux.
C) L'influence de l'âge de la mère n'est pas absolument démontrée, mais est probable.
Le fait incontestable que les jeunes poules ont une ponte moins abondante que les poules de 2 ou 3 ans, et que de plus, — ce que les fermières savent bien — avec de jeunes poules, on a des œufs moins gros, et que la proportion des œufs clairs est plus considérable, prouve bien que cette question d'âge n'est pas indifférente
INCUBATION a3 ■
D) Influence du genre de vie. — Chez tous les oiseaux de basse-cour sauf le paon — qui ne vit d'ailleurs qu'avec difficulté en Europe — ■ le passage, de l'état sauvage à la condition domestique, n'a pas eu seulement pour résultat d'augmenter la taille et la fécondité de l'espèce ; elle a, en outre, abrégé la durée de l'incubation. Ce fait n'est pas douteux.
C'est ainsi que l'éclosion des œufs, dans les diverses races de canard domestique, se produit en moyenne du 280 au 3o°jour, tandis que, d'après Cornevin (1), la durée de l'incubation est de 32 à 34 jours pour le canard de la Caroline, et de 36 à 38 jours pour le canard de Barbarie.
Nous avons vu précédemment que, d'après Aristote, l'éclosion des œufs de poule se produisait entre le 22e et le 25e jour. Comme la durée d'incubation de ces œufs est aujourd'hui de 21 à 22 jours, il semble qu'il y a eu une notable diminution, dans la durée de ce phénomène, depuis l'époque d'Aristote.
Cette influence évolutive n'est-elle due qu'à un changement dans le genre de vie ?
E) Influence des mauvaises conditions hygiéniques. — Cette action n'est certaine-
(i)Zootcchniespéciale. 1895, Oiseaux de basse-cour, p. 4o.
ment pas négligeable, quoiqu'on ne puisse actuellement en fournir la preuve directe.
Le fait incontestable que la ponte n'est nullement indépendante de l'état sanitaire de l'oiseau, rend, en tout cas, cette influence bien probable.
On sait, en effet, que les poules parquées, sans verdure ni insectes, ou logées dans des poulaillers humides et sans soleil, pondent peu, et que l'incubation de ces œufs donne lieu à de grands déboires.
F) Influence de la date de la ponte. — D'une façon générale, les œufs frais éclosent toujours plus rapidement que ceux qui ont été pondus depuis un certain temps.
Selon l'expression de Cornevin(i), il semble que le processus évolutif du nouvel être soit commencé au moment où l'œuf est pondu, et qu' « il se continue avec une avance « due à la vitesse acquise, si l'œuf est mis de « suite en incubation ; d'où la moindre durée « de celle-ci... »
C'est ainsi qu'on peut expliquer ce fait, que j'ai constaté bien des fois dans do couvées de pigeons : le retard de plusieurs heures (allant quelquefois jusqu'à 24) entre
(i) Zootechnie générale, p. 818.
l'éclosion des 2 œufs qui constituent la couvée, et dont la ponte a été séparée généralement par un intervalle de 2 4 heures.
G) L'inûuence de la température est véritablement capitale.
a) Incubation solaire. — On sait que les mœurs des moustiques ont été observées de très près, depuis quelques années, dans l'espoir d'élucider l'importante question de l'origine du paludisme.
Les médecins anglais Ross, Annett et Austen (1), qui ont observé les anophèles de Freetown, ont bien vu que, dans les pays chauds, et surtout au moment de la saison chaude et humide, la ponte, et le passage de l'œuf à l'état larvaire, puis aux différents états qui aboutissent à la formation de l'insecte adulte, étaient très écourtés.
Dans leur rapport, après avoir noté que la durée de la période larvaire dépend beaucoup de la température, ces observateurs déclarent : que l'éclosion des anophèles adultes « semble « dépendre souvent des conditions météoro- « logiques du moment; elle paraît être re- « tardée par la pluie ou le vent ».
(1) Rapport de l'expédition... de Liverpool pour l'étude de la malaria à Sierra Leone.
a6 ÉTUDES SUR LA GROSSESSE
M. J. Navarre (i) fait remarquer que les entomologistes américains, qui ont étudié très complètement toutes les espèces de leur pays, ont trouvé que la période d'évolution de Yanopheles quadrimaculatus était beaucoup plus longue, dans leur pays, que dans l'Ouest- Africain.
C'est ainsi que d'après L. 0. Howard (2), le minimum de l'évolution complète serait de 24 jours, alors que, pour les médecins anglais qui ont observé à Sierra Leone, ce minimum ne serait que de 10 jours. Howard ne doute d'ailleurs pas que, dans la saison la plus chaude, les transformations ne puissent être beaucoup plus rapides que celles qu'il a observées.
Au cours de la discussion sur les moustiques et la malaria, le 3 décembre dernier, à la Société de médecine de Lyon, M. Vaney a exprimé l'opinion suivante (3) : « La durée de « cette période (passage de l'état larvaire à - « l'état adulte) paraît varier avec les latia tudes ; dans nos pays, elle serait de i!\ jours « environ; sous les tropiques, suivants certains « auteurs, elle n'excéderait pas 10 jours.
(1) P. J. Navarre. Communication à la Société de Médecine de Lyon, 12 novembre 1900.
(2) Howard. Notes on the mosquitos of thc U. S
Washington, 1900.
(3) Lyon médical, 16 décembre 1900, n. 5o.
(1 A Copenhague, Meyuert n'aurait vu, dans « un an, que trois générations à\inoplieles. »
3) Incubation animale. — Chez les abeilles, alors que les ouvrières couvent en quelque sorte les œufs, en se maintenant en grand nombre sur le couvain, pour augmenter la température auquel il est soumis, on voit constamment l'éclosion commencer par les cellules centrales du rayon, dans lequel la reine a déposé ses œufs ; or cette région est celle qui présente le minimum de causes de refroidissement, grâce à sa situation même.
Nous avons vu qu'Aristote avait déjà observé, que les œufs de poule éclosent plus tôt en été qu'en hiver, et que le Père Du Tertre avait constaté, que la durée de l'incubation de ces œufs était plus courte aux Antilles qu'en France".
Buffon estimait (1) que la pintade couve 3 semaines, plus ou moins, selon la chaleur de la saison ou du climat, l'assiduité de la couveuse, etc.
Il est bien évident que cette influence saisonnière, de même que celle du plus ou moins d assiduité de la couveuse que nous avons vue
(1) Œuvres complètes, t. V, p. 3/jo,
admise aujourd'hui par tous les éleveurs, même pour les pigeons (Cornevin), n'est en réalité qu'une influence thermique.
C'est certainement encore dans la différence de quantité de chaleur offerte à l'embryon, qu'on doit chercher l'explication de ces faits : que les œufs d'oie, couvés par la mère, écloseut plus tôt que quand ils sont couvés par une poule, et que la durée de l'incubation est légèrement abrégée, quand on fait couver les œufs de poule par une dinde ; elle serait alors de 20 jours seulement d'après Millot (1).
Chez l'autruche, d'après Cornevin (2), la durée de l'incubation présente « quelques « variantes, qui tiennent probablement à la « quantité de calorique apportée aux œufs. »
Cet oiseau d'Afrique est particulièrement intéressant, en ce sens 'que c'est le mâle qui se charge de la direction de l'incubation, pour laquelle il se fait aider par les rayons solaires.
Cornevin rapporte, en effet, que l'autruche père « reste très soigneusement sur les œufs « pendant la nuit ; dans le jour, l'élévation « de la température lui permet de s'absenter « plusieurs heures ».
(1) Millot. Traité d'accouchement, 1809, p. 517.
(2) Traité de zootechnie spéciale. Oiseaux de bassecour, 1895, p. 3o4.
INCUB AT ION 29
On conçoit que l'état de la température extérieure ait une influence considérable sur la durée de cette incubation mixte.
Le coucou, cet animal assez dénué de principes pour avoir recours à l'incubation étrangère — qu'il impose d'ailleurs aux faibles par la force, — n'est peut-être pas guidé uniquement par le désir de se soustraire aux soins et aux fatigues nécessaires pour mener à bien une couvée.
Sans doute, il doit penser que son œuf unique ne mérite pas un pareil changement dans ses habitudes ; aussi élude-t-il habilement ce travail, en en confiant l'exécution à des rouges-gorges, mésanges, bergeronnettes (1), etc. , - etc.
Mais cet oiseau ne se désintéresse nullement, comme on l'a cru longtemps, de l'avenir de son œuf.
Après l'avoir apporté, a demi dégluti, dans le nid le plus solide et le mieux abrité, il en surveille étroitement l'incubation, laquelle, d'après Raspail 2;, serait de 11 jours 1/2.
Cet auteur affirme que la présence de l'œuf
(1) La Nature, 1900, nos 1^23, 1427 et i^32.
(2) Raspail. Mémoires de la Société zoologique de Wrance, t. VII et VIII.
3o ÉTUDES SUR LA GROSSESSE
du coucou dans le nid des passereaux, dont les œufs sont plus petits, amène un retard dans l'éclosion de ces derniers.
Le fait, que l'éclosion de l'œuf étranger précède celle des œufs légitimes, est dû, dit M. Raspail, à la « différence de volume des œufs dés deux espèces ».
A première vue, cette explication paraît inacceptable, puisque l'influence du volume devrait produire un résultat exactement inverse de celui qu'on observe.
Mais il est 'probable que la différence de volume, entre l'œuf du coucou et les œufs légitimes, a pour conséquence une répartition très inégale de chaleur, au détriment de ces derniers, qui sont forcément mal couverts.
En effet, la saillie formée dans le nid, par l'œuf étranger, ne peut permettre, a l'oiseau qui couve, de distribuer à tous les œufs une chaleur uniforme ; forcément le gros œuf est plus près que les petits de la source de chaleur. Pour M. Raspail, dès que le coucou s'aperçoit de l'éclosion de son œuf, il frappe les œufs légitimes d'un coup de bec meurtrier, et les enlève. Mais les expériences récentes de M. Craig (i), appuyées par des photographies
(i) La Nature, 1900, n° i432, p. 90.
INCUBATION 3j
qui ne laissent plus place au doute, démontrent que l'intrus veut, a lui seul, composer toute la famille, et que, au moyen d'une poussée fratricide, il fait souvent rouler hors du nid les œufs ou oisillons légitimes.
En résumé, la perturbation, apportée dans la durée de l'incubation de ces différents œufs, ne nous parait pas avoir d'autre origine que des différences de température.
D'après Cornevin (i), la cause de la durée plus longue (de près de dix jours) de l'incubation, pour le canard de Barbarie, tient a ce que la température de ce palmipède n'est que de 4i°,o, tandis que le canard commun a une température moyenne de <4i°>9-
Le Bas avait également expliqué (2) la nonsimultanéité des éclosions, par l'hypothèse que: « les œufs éloignés du centre de la poule « ont reçu moins de chaleur de la mère que « les autres ».
Dans son Supplément sur les ?iaissa/ices tardives, Petit (3) admet que « la poule, en « quittant les œufs qu'elle couve, retarde le « progrès de la formation des parties ». Il
(1) Zootechnie spéciale, 1895. Oiseaux de basse-cour, P- l\L
(2) Nouvelles observations sur les naissances tardives, p. 8"
(3) A. Petit, p. 23 de son supplément, 1765.
3a ÉTUDES SUR LA GROSSESSE
est bien évident que cette action ne peut être expliquée que par le refroidissement auquel est alors soumise la couvée.
y) Incubation artificielle. — En sériciculture, on peut avancer notablement la date de l'éclosion des graines de vers à soie, en élevant la température du milieu dans lequel ces œufs sont plaeés.
Il est certain que, à l'époque de la couv/p au nouet (sous les vêtements des femmes ou dans des lits bassinés), la durée de l'incubation de ce lépidoptère, que Guérin-Meneville appelle le chien des insectes, en raison de la date reculée de sa domestication (27 siècles avant J.-C), était notablement plus longue que depuis l'emploi actuel d'une T. de 20 et 220, dans des chambres d'éclosion.
De même, en pisciculture, en soumettant des œufs de saumon à un véritable surchauffage, on est arrivé à avancer de 20 jours la date de leur éclosion (1).
Le talegalle d'Australie, de la famille des Gallinacés, paraît être le seul oiseau qui pratique systématiquement l'incubation artificielle, en se contentant de déposer ses œufs au milieu
(1) Cornevin, Zootechnie générale, p. 802.
ide débris de végétaux fermentescibles (i).
Leur éclosion n'étant produite que par la chaleur, très variable, que dégage la fermentation du milieu ambiant, il est probable que la durée de cette incubation doit varier dans des
î proportions notables, suivant le choix qui aura
t été fait par le talegalle, au moment de la ponte.
La durée de l'incubation artificielle peut, en effet, présenter des variations importantes,
? suivant la température à laquelle les œufs sont soumis.
Dans le Journal de médecine de 1766, Pouteau fils, chirurgien à Lyon, s'exprime en
.ces termes (2) : « M. de Viller, auteur des c< Journées physiques, et mon confrère dans
t« l'Académie des Sciences, Belles-Lettres et
'.< Arts de Lyon, est parvenu, par de longues c et laborieuses expériences, faites avec les :< fours à poulet, à faire éclore des œufs au
xx 18e jour, ou à retarder la fin de l'incuba- :< tion jusqu'au commencement du 25e. La c différence serait donc d'un quart ».
On voit que les recherches expérimentales ^ur les couveuses, ne datent pas d'hier.
(1) Cornevin. Zootechnie générale, p. 656. Dictionanre Dechambre, art. talegalle.
(2) Journal de médecine, n° de janvier 1766, p. 55.
BOUCHACOURT. 3