CI.ÈTE, rianf. Pour trouver un témoin
jodoque, embarrassé. Non... «... au fait, pourquoi pasj>... On trouve beaucoup de choses sous les roches.
clète. A preuve que les douaniers y cherchent toujours.
JODOQUE, à part. Je suis tranquille... il»
ont passé à côté du bon coin. **
LE marin, bref, mon enfant, comme, en débarquant, je venais de faire viser mes papiers chez le bourgmestre... une ancienne connaissance à moi, et que j'allais contiuucr mâ rflutc jusqu’à... pas niai loin d’ici... cet olibrius m'a accosté en me demandant si je pourrais lui servir de témoin gratis... il paraît que chez vous on se fait payer pour ça.
Naturellement, j'ai accepté, vu .qu’à son air ahuri j’ai compris tout de suite qu’il s'agissait d'une affaire d’honneur.
JODOQUE, allant au Marin. Mais nort..
c’est d’un mariage qu’il s’agit.
le marin. Vraiment?... En ce cas, . bonsoir. [Il fait un mouirmenf pour sortir.) JODOQUE, le retenant. Bah ! vous parlez ? LE marin. Indéfiniment. Je pouvais, en passant, me procurer la satisfaction de vous voir donner un coup de sabre... mais un mariage, ça me retarderait trop... il y eu a un autre qui m’attend, à heure fixe... et j’ai encore huit lieues à faire... donc, je me prive de vos noces.
CLfcTE, au Marin.*’* Si c’est là ce qui vous renvoie, vous pouvez rester, monsieur le marin. . fcn fait de noces, Jodoque a tout supprimé ; on oc mettra pas même le couvert.
jodoque. Oui, ça sera plus tôt fini. . et vous aurez eu le plaisir de voir njam'selle Rertbe, ma pi omise.
le marin, avec émotion. Elle s'appelle Berthe? ( Il redescend.)'*”
JODOQUE. Oui, Berthe Venzcll... Le nom vous plaît. .. Eh bien ! elle est encore plu» jolie que 6on nom... la vue n’en coûte rien.. . je vas vous la présenter. (Il se dirige vers ta maison .)
LE MARIN, avec intention. Ah! morbleu!... ça nie fera plaisir.**’**
CLfcTE, d Jodoque, en se plaçant devant la porte de ta maison. On n'entre pas là dedans... la mariée s'habille.
le marin, à lui- même. Il faut que je sache... [A demi-voix à Clète.) Deux mois, la belle enfaut.
CLfcTE, d’un air aimable. Plus, si vous voulez, monsieur le marin. ****** (Elle ta vers le Marin.)
jodoque, à /ut-mlme. Voyons un peu où elle en est de sa toilette. (Tandis que le Ma-
* CW»«, Jodoque, le Marin.
•• Jodoque, Clète, U Marin.
Clète, Jodoque, le Marin.
Jodoque, Clète, le Marin.
*••** Le Marin, Jodoque, Clète.
Clèle, Jodoque.
gle
ri» attire dite vert la gauche, Jodoque va à la porte de la maison et regarde par le trou de la serrure. )
le M arin. Dites-moi, celle que cet olibrius va épouser. . . c'est une fille de votre endroit ?
ClfeTE. Pas tout à fait... il n'v a qu’un an et demi que Berthe est venue ici de son village d’Ulbach... Mais pourquoi me demandez-vous ça?
LE MARIN, réprimant son émotion , Par curiosité... Vous comprenez, quand il s’agit de donner sa signature pour un mariage, on «t bien aise de savoir à qui on sert de témoin. [A pari.) Elle est drôle, la position.
JODOQUE, d'une voix étouffée arec indignation. Oh\... oh \
CLÈTE, à Jodoijue, qu’elle éloigne de la porte. Qu'est-ce que vous faisiez là ?
JODOQUE.* J’ai vu I
LE MARIN. Quoi ?
jodoque. Un homme !
CLÈTE, à part. Ciel!
le marin. Bah!
jodoque. Oui... un intrus dans la chambre de ma fiancée I... Une idée ! Il y a un prisonnier français qu’on cherche pour le fusiller.
clète, inquiète. Eh bien ?
le marin. En effet... J’ai entendu parler de cela en arrivant.
jodoque. Si c’était lui !
clètb, vivement. Allons donc!... quelle bêtise (...'(Cherchant un peu.) Si c’était lui, il aurait son uniforme.
JODOQUE, rassuré, remonte. C’est juste.
(Puis il redescend près de Clète .**) Mais alors, puisque vous savez que ce n’est pas un soldat, vous l’avez donc vu ?
clète. Eh bien 1 oui, je l’ai vu!
le marin, à part. Ça se complique.
jodoqte. Vous ne me ferez pas accroire que c’est un invité qu’on attendait.
clète, à part. Que dire?... Ma foi, tant pis, il faut le sauver! (Haut.) Un invité?... Mieux que ça... c’est le fiancé de Berthc !
LE MARIN. Plait-il ?
jodoque, afxisourd*. Qui ça?... qui ça?
clète. Celui qu’on n’attendait pas... sur qui on ue comptait plus. . . enfin, c’est. .. c’est Daniel !
le marin, à part; jodoque, haut. Daniel I
clète. Loi-même ! Personne ne le connaissait ici. .. mais Berthe l’a bien reconnu tout de suite, elle... quoiqu’il soit an peu changé.
le marin, à part. Je crois bien... il ne doit pas même se ressembler du tout
clète. Ainsi, mon pauvre Jodoque, voilà votre mariage en danger. .. Je vous conseille d’y renoncer... au moins ponr aujourd’hui.
(A elle-même.) Maintenant, il faut prévenir les autres. [Elle, entre dans la maison.)
* Le Mario, Jodoque, Clète.
” Le Marin, Clète, Jodoque.