CLÊTE, DANIEL, BERTHE* MAX
DANIEL. Enfin !... me voilà dans mon inènago. .. Il m'en a fait faire du chemin , ce gredin de Jodoque... Le temps m'a p.tru un peu long; d’autant plus que, malgré moi, j'avais peur qu’il ne vous parût trop court.
max, bas, d Berthe, rivement. Il e*t jaloux I Par devoir, par reconnaissance, il faut le tranquilliser.
rerthe , d Daniel. QMIe bonne Clête !...
elle est restée ici pour nous aider à mieux passer la nuit. [Elle va fermer la fenêtre )
DANIEL. Vraiment!
clête. Oui, quand on est trois, on s'ennuie moins à dormir; c'est plus gai.
DANIEL, prenant la main de Clête, * C’est très-bien, mon enfant; je ne doute pas de vous, mes amis... C’est égal, je me sentais une bèle d’inquiétude... Ce titre de mari...
un tête-à-tête... la nuit des noces... tout ça, c'est très -embarrassant. Bref, j'étais pressé de revenir.
clête. Un peu plus tard, et sans nos voisins, vous n'auriez pas retrouvé notre prisonnier chez vous.
DANIEL. U voulait partir! Et pourquoi?
BERTHE, arre embarras. Pourquoi ? Parce qu’il ne se trouvait pas bien ici, sans doute.
MAX, virement. Tous les caractères ne sympathisent pas ensemble.
Daniel. Tiens! liens! vousn’étcs pas d’accord. . . il y a eu de la brouille entre vous deux ?
clête. Faut qu’ils se soient disputés en dedans, car ils ne se sont rien dit.
DANIEL, riant. Ma foi, mes enfants, il est heureux que ce mariage ne soit qu’une ruse de guerre pour dérouter l'ennemi. .. Je vois que vous n’auriez pas fait longtemps bon ménage.
MAX. Certainement, nous n’élions pas faits l’un pour l’autre.
rerthe, vjptmtnj. Oh I non... (.-1 part.):
Et c’cat dommage !
* Cible, Berthe, Daniel, Max.
I DANIEL. Votre divorce ne va pas tarder ; je ne vous demande que le temps de casser quelques croûtes convenablement arrosées h la santé du prisonnier. Et puis, sous prétexte d'une petite promenade en mer, nous filons ! notre nœud jusqu’au navire français qui est en croisière a deux lieues de la côte.
rerthe. Je vais m’occuper du couvert...
Vous connaissez le chemin du cellier, monsieur Max ? allez chercher du genièvre «tde la bière.
Daniel. C’est ça, vivement, et de la gaieté, corbleu ! (,4 Berthe.) Ça l’arrange; le voilà sur son départ.
dertiif, affectant Iqjoie. Rien au monde ne peut me faire plus de plaisir. (A part.) Je ne m’en consolerai jamais !
Daniel, à Max. Tu vas être libre... Te voilà heureux !
Max. Oui, mon ami... très-heureux ! (A part.) Coimneut pourrai-je vivre loin d'elle ? (Il sort par le fond.) berthe, à Clête. Tu vas m’aider, Clètc.
clête. Je ne suis ici que pour ça. [EUes remontent vers la droite.)
DANIEL.* Et moi, eu vous attendant, je vais me procurer la douceur d’une bouffée de tabac... Lu route, pas moyen d'allumer ma pipe, je manquais des ustensiles nécessaires.
berthe , d Daniel. Tu vas fumer, ici. -« dans la maison ?
Daniel. Est-ce qnc ça te serait désagréable ? Tu n’aimes pas ça ?
rerthe. Pas beaucoup... Viens-tu, Clête?
(Elle entre d droite. Clête, ptndant ce qui précédé, a été chercher dans le bahut et qu'il faut pour allumer la pipt de Daniel.)
clête.** Laissez donc... ce qui plaît à un mari ne peut ps déplaire à Sa femme. (A Daniel. ', Y 'là les armes à feu. (Elle froisse une feuille de papier quelle a trouvée dans le tiroir du bahut et la pose près de la lamjtf.) DANIEL. Vous êtes une boune fille, vous.
clête. Avec ça que vous n’étes pas un bon garçon. . . et le fait est que si vous ne deviez pas épouser Berthe...
DANIEL. Ça vous fâche?
CLÊTE. Moi... dame... et vous? * daniel. Moi... ça me va.
CLÊTE. Ah ! alors. .. ( Elle sort à droite en disant :) Daine! puisque ça lui va...