‹ La GuadeloupeChapitre 7 sur 38 · LES ANIMAUX NOBLES · texte numérisé non relu

LES ANIMAUX NOBLES

FebU

Longtemps, dans tams jadis, quand toutes z'amnvuK

Té tmi la parole, jo té fiers et fiscaux,

Assolimenl tant con des moune moin eonnaite

Qui té vlé changé peau, poo ?o pas té parâte

Au clair ça yo té yé. Té tini a gogo

Qui té qta combiné, pou papa, maman yo,

£t bisaiel i yo, lé soti dans grand race,

Pou té paraite nobe et monté dans grand place.

Tant con bien dé baquets. Alos et pou los don,

Lapin, Maoack et rai, fiouriouéte et Dindon,

Moaton et Léopard, té mette dans galettes

Yo té nobes tout sels, dans milan toutes betes.

Macack té nommé li, gros mouché li baron.

Jcaiiqsèis (igné : li comte Alihouron.

ûiodon coupé nom li, gonflé coq gnon cofie. Entre D et 1 li, li fou gnon l'apostrophe. Houton nie papa 11, i Pari» li fonlquant Dant gnon birean ou li, pou gnon pougné l'agent, Yo qua changé nom voua ; mouyen malprope, ignobe,

. : -..^. vm p^, y ijj^n, ntfr~

__ : Vicomte Houtoné.

Ph blaion certifié soué disant li té né D'in animait dont auquel, qui té soti dîna fesse A mouché Jipiter, bielie i gnon grand déetse. Léopard pouan aussi, li di li pas bâtard ; Li chicaillé nom U, et signé Le Opard, En eoulinant fièrement, flrié, bien en colère, O'est con ça nom à li écrit dans dictionnaire. Sitôt chien tende ça, li commencé jipé, Li dit li nobe aussi, titre à li pas râpé. En douTant nom a li, avec gnon grand l'adresse, Li mette gnon gros de, signe de le, noblesse. De Chien! (a te joli ! ! 1 Apoué? et poumioué pas ? Ect-ee que chaque jour, dans gnon semblabe eai Monne pas qua tombé tout aussi bien que bete. Différence n'a peint : Taupin nul bien maurette. Quant i Gouti, li dit : moin, mon bien plis que yo. Noblesse h moin qua pouan dipi d.ina temps colo. Pas liai deux con moin peu batte la cornette Et qui apoué nom li, tim li droit di mette Li nom à pava là ou ti li habitant.

Aussi li qua signé : Gouti de Baillargent. ' Lambis, li faire autant, li nobe par patente. Dit-il, et li signé : Jean Lambis de Bouillante Lapin, ou ti vanUs. et Pan, idem dito, Yo té mette gnon li en douvant nom à jo : Li Lapin ! ! ! Li Pan ! M ça té vouement eocace, Mais ça pas té nouveau ; yo té suive la trace ]<a oueslee bien des gens, 'é passé douvant yo. Faut avoué, mes amis, jo toutes bien nigo. Lambition fait jo tombé dans la folie ; Yo migrais pas savé la noublesse jolie Ani quand c est la glouère et les bols sentiments Qui qua poté nom vous dans les grands vantements. Talents seuls qua daté, pou monté dans grand place, Et paa bisouin pou ca, vous soti dans grand race. Napoléon primié, gnon piti l'officié (

Avec cabécbe 4 li, moule en li lé yé. Mi, en:re saoune et bete, ou ti la différence ; Yo toutes, c'est ouane ousne, ici tant cou la Fousnce. Dipi nous nés natifs, la vanité l'ogueil. Hélas ! qua touffe noua, jusque dans fond ceeueil ; Hélas! qua Taire nous oublié, con gnon rêve. Qui papa, maman nous, c'étaient Adam et Eve, Dèsanobus en plein, d'nn tigmate éternel Qui coincé jo dans li péché originel.

Apoué tout ça, faudra, nous à beau dire et faire Que nous soué nobe ou non, nous toute allé dans terre,

f okâ maintenant le conte :

Gnon conte, en bon fbuaneais, c'est gnon trac agriabe. Ci là mon que conté, positif, véritable. Mon qua eeUfié li pou sur et bien certain Et pon mié prouve h, ton gnon bon témoin*

Gnon jou, mouebé Boulin, toute monne connette,

A Paris té allé pou faire gnon z'empletta,

Et prouminé corps IL Pou ça li té poté

Cane la Guadeloupe, ou li té mit rite

Gnon marchand parisien, flambtrd oon s*aliasitte

Qui té qua vanté li toutes bitains eonnaite,

Vïni non achité café la ca Roulin.

Cilà-b, pouéaenté, avec gnon air malin

Belle denrée à li. Au mot di Guadiloupe

Qui soti bouche à li, marchand là eon gnon soupe

Qmmé et lait in saut, en disant : Ça pas bon,

C'est mauvais qualité, ça nouer tant cou ohabon.

Café mon qua mandé ? c'est café MafMque.

Mouebé Boulin qui roué, qui pas dHout bourrique,

Réponde à marchand la, li tini gnon gros tot

Bon café Matinique, au R'have, dans dépôt.

Deux ou trois jour après, aux pieds! ! ! la pouan la course

Pon B allé montré, dans gnou fiscale bourse

Pin même qualité «non ti l'échantillon.

Anatàtét, marchand la, avec gnon fin lorgnon

Apoué gnon vérifié, hélé 1 vouéla l'affaire 1 ! 1

Ah ! parlé moin di ça M 1 à eilà ju pouéfi&re,

Tous las autres cafés. Li dit ça pu eoto,

Sans douté li gnon brin, c'était idem dite.

fin Fouanee et dans Paria, tout patent dans boutique

T© qua fait passé, peu oaft Martinique

^n pas dans moune eneor), café tittadUounien, sel qua validé, et qui tout pas tout plein.

Fondoe aime sa terre natale, la commun* de la Pointe-Noire. D se souvient sans cesse de La peëte propriété où il est né et sur les grèves de laquelle il a oeoffj qaand il était entant. La maison est bâtie sur un morne au milieu d'un site enchanteur dont les beautés excitent son enthousiasme que l'âge n'a pas pu refroidir. Ce petit domaine est paor lui le Millyy chanté par Lamartine. Il lui a consacré, entre autres, les vers suivants :

Maàmt.

Manant dans bois, c'est gnon coté, Fant moins vanté, nuit moins chanté, Li qua chaîné, li enchanté, (Test la beauté, c'est la clarté.

Mi coté là vo qua goûté Bounher, plaisir et la gaieté, La paix m cœr, tranquillité.

•Dans gnon pitàt bocage 6aaoàaaoaadanalombouage. , ,

Iti tas 13m. fmiillàrn Z'otieseaux, dans ti ramage, Que becqueté plimage, Saut ridouté 1 orage Ni misère dans cage.

Ti toutirelle Triste et fidèle Cou ti ehantrelle, 'Dans ritournelle,

8 ua roucoulé ua ridoublé* Chanson d'amour Con troubadour, Il nouite et jour.

Là» gnon pitit rifière Qua coulé dans earière Là si s*aèbe et madère.

It mon pitit goutîère.

En Bas gnon grand lisière Qua pisé d'iau claire.

Quand là, l'hère punch, li rivé, Sitôt bouche à moin qua bavé :

Dans bonéson là yo qua trouvé Li paradis, ça bien prouvé.

Quand mon valé la bête, Mon qua senti dans tôte, Gnon joli ti tempête, Con are dit gnon jour fête .

Quand mon pouan gnon bon dose Mon qua vouer tout en rose, G'eat ^effet là dans cause C'est gnon bien belle chose.

fié souvinanoe,

Dans l'oubliante,

Et la jouissance,

Dans respéranee.

Tié temps passé

An loin chassé;

li temps pouéseut,

Chouéte et chaînant,

Et li plaisir

Dans r avenir

C'est d'effet là

Qui mire «à.

Temps on temps la folie Tendre, aimable et'iolie

Ka vini tout réjouie n éauyé la via.

Yesan richesse, Mais san tristesse, Pou yo rhrouesst Con la sagesse.

Des bons amis Qui saut soucis, Toujou réjouis, Toujou «Taris Di rire et bouère, Et touioo couère La voue victooèro Au fend di verre .

Li tooé vainqer Ceat H bher.

Dan ti Ifahaut, l'amour, la mort, Yo tint là gnon même sort, Tons dés qua lesté sans s'effort, Piacam, piacam, qaon d'îau qui dort.

La tendresse sans chaîne, Sans emparas, sans gène, Et la vie sans haine La «wrt même sans peine.

La iïnesse Con la vieillesse QuaUé sans cesse Touiou sans presse Jisqu'au dénié moument ; Et pi Tonéla vouement, Toqua finit bâtiment, Sans yo savé couinent.

Là, quand mon dans canote â moin, Avec gnon ligne dans la main.

Malgré eongue, malgré requin, Mon cétam pas moun di faim.

Poa non piojpé gnon Et pou mon joué la drague Mon qui dompté la vague Dannepouerdui " Là non pnbtmnatn A lien non non plaire.

n nsnar LobAh

dih

Tout lés oaffarda.

Tous les vantards,

Tous les biffots

Qui pleins défauts.

Tons les badauds.

Tous les nigauds,

Sots musicaux;

Tous lés pianos

Foutis échos

Trouble ripos.

It s'est cou ca là haut Ça yé dans ti Mahault.

Il est aussi philosophe. La mort ne l'effraye pas. Mais somme il est quelque peu viveur, il se fait mn paradis par trop mahométan. Ses idées apr la vie future ftont consignées dans la pièce suivante :

FONDOC CONSOLATEOB A FAJtfDtàGlKaJtT.

If a pas pouan trop chagrin, mon ami Fandagnant, Si h temps qua coulé, coulé con gnon grand torrent. Y faut ça soué con ça, car gnon vie éternelle Srait gnon mauvais bitin, gnon la peine crielfe ; Pou ça faudrait santé, la tendresse et rameur' Sraieat qua rété sans casse jisqu'au défliê jour. Mais les rhins qua fléchi, nés qua tourne cocleches, Les ïambes qua mollis, fesses qua vîni oheches, Les Douas qûa trembloté tant cou dés vies manchons, Les chivés qua tombés et les dents c'est chicots; ' L'échiné qua courbé, visages qua plein rideâ, Sans compter la va vite et les zéromorïdes Çu suintage intestin oui plis qui embêtant. La dégringole en plein, toujou en diminuant* La forme qua changé, beauté qua vint laide Et pour corrigé ça, ou ti trouve riaaéde ? Faudrait gnon certain corde à déviré k tant Gnon chavirade en plein dans tant M firmament It couinent faire don ? Mais la chose impossible ; Bondié dans plan à li pas trouvé ça possible*. Faut pouan ça con ça yé en marchant £ tqtyn Dans çu chimin sooe con gnon nauvrjs piétda. Faut ménagé li temps, but souih? en tfstienca In attendant fièrement la fouji dèwwu».

Pou ça, pas troublé vous, pou sûmstjé 11 se d, La calmi dans l'esprit, finit visagéla jnpft, En calquilant combien mîltiasse-di nnfyaasp Mouno, grands et pitits, foulquani dansTa {ffca* aa, Avec çu vérité : nous toutes c'est a nan* L'Alexandre et Gasar pas plis qu'in devant ahiaa Mi la mort c'est qui chose qui tout a ,$t n>aaK Et çupandant vouement c'est pas la Jjnnnale; L'âme pas doué fini, ça sré bien malaisé ti oila nous té qua enterré, vaporé.

Faut espéré, l'ami, nous que trapé^ jalse Ktrouvé* noua eaoer dans faon sienUrs plaas,

Ou tini verre en main dans gnon joli ti Hé Nous que bouère en chantant à fa glouére di Dié. Faut espéré aussi nous qui rivouer ces femmes. Si bonnes, bî jolies, si remplies di charmes, Qui faire nous pisser les mouments les plis doux Et qui dans les malhers, vini consolé nous.

Fondoc a écrit, paroles et musique, un opéra, en un acte qui a eu les honneurs de la représentation et un succès mérité. Thérèse et Fondoc, tel est le titre de cet op*ra dont les airs créoles nous ont enchantés et dont les paroles ont parfois une suave poésie*

Cette œuvre unique, en son genre, puisqu'elle est écrite en langage créole, retrace avec exactitude les mœurs de notre population noire, et a. été joué, en 1855, à la Basse-Terre,

Bir la troupe de comédiens qui exploitait les théâtres de la artinique et de la Guadeloupe.

Le rôle de Thérèse avait été confié à la chanteuse légère de la troupe, Mmo Roche, qui emporta tous les suffrages. Aussi Fondoc reconnaissant lui remit après la représentation la pièce suivante :

Li blanche con coco*, xiés li malins, yo doux, On ka senti l'amou, quand yo ka jruété vous, li bouche à li fiscale et ti dents li tout belles, , Yo collé côte à côte, on a dit dés ti pèles. Ti côps li ka lesté, quand li dans robe à li, £t quand li ka paie, ma foua ça bien joli. Ti voué li kà viboué tant con gnon ti chantrelle, Li doux, ka oucoulé con la voué gnon toutrelle. Ti gamme à li maudit, ti l'air li tout mignon, Li chouette et délicat con gnon ti champignon. Ti menton li aux z'eux, ti lève a li tout rose. Ah ! quand li ka chanté ! ça ka faire ou toute chose. '

Tout pas tout yo ka dit, Tout pas tout ce gnon houit,

Li toujou sage

Con gnon gimage.

Latin ou 1 divine z

Si ou tini bon nez,

A qui portrait cila

To soti faire la.

Faudrait ou srait tini ziés ou cachés dans poche, Pou pas vouer d'in sel coup, ce cila ti man Roche.

Ce tribut de reconnaissance payé à l'actrice, revenons è F œuvre qui n'est qu'un opéra intermède en un acte joué îa veille du départ de la. troupe, ,

— 98 — f Scène If*.

Hélas qui grand chagrin, Fondoc li plein dédain,

Li ka changé ohimin, Li ka bandonné moin.

Hier au tond tannage , Li pat ba moin la main.

Celait yon badinage, L'amou a li pou moin.

Yod aute famosrese.

Magnai piqué ker li.

Con nom la malin» e, Li ké goûté l'oubli.

Si Foudoc infidèle, Pou li trahi l'amour.

Peine à li *é crielle, li ké vouer li gnon jour.

Si çu maudit volage,

Pou moin té pé changé

Ah li bien davantage

Li paa kalé changé, *

Ça qui Bave ? pitete encore li aimé moin, Alos pou qui dit inoin. li ka rélé si loin. Faudré moin sré bien bête Tracassé moin la tête, Tracassé moin la tête.

Quand li Uni d'autres i amours, Hélas I moin aimé li toujours!

Raxiés, fiers, ravina», Pieds bois, grands pieds cocot Cansl en bas fejage, Tout ça dans li ripos.

Toutes zétoueles en piles,

La line ka clairée,

Yo toutes bien tranquilles

imquilli Srjs,

Mon gnone ka pléi

Mon ka voje en tristesse, Mon pi'di H bonher.

Adié guiarobcl, tendresse, Mon tombé dans malher.

Belle manman choésie, Hélas ba- moin la main, Mon ka mort jalousie.

Vini sieouri moin.

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