OBSERVATION IV
(in Diday, Hist. Nat. Syph. p. 89).
Au mois de mars 1847, je vis une jeune femme de 19 ans, atteinte d’une lésion primitive indurée de la lèvre, lésion accompagné d’adénopathie qu’elle ne pouvait tenir que d’un de mes clients affecté en ce moment-là de plaques muqueuses buccales opiniâtres. Chez cette malade, un peu chlorotique, je sursis au traitement jusqu’à l’invasion de symptômes secondaires. Ils furent très faibles, et consistèrent en un peu de roséole de céphalée, et deux ou trois plaques muqueuses vulvaires superficielles. Je prescrivis néanmoins du mercure, comme à cette époque j'en prescrivais indistinctement à tous les syphilitiques. Mais la malade, par répugnance, ne prit, et très irrégulièrement, que 20 centigrammes à peine de proto-iodure en 10 pilules ingérées à intervalles éloignés, dans l’espace de 20 j.
Néanmoins aucune récidive n’a eu lieu; et cette dame qui m’a toujours continué sa confiance, que je n’ai cessé de voir de temps en temps, pour d’autres maladies, que j'ai souvent interrogée à ce sujet, n’a eu, depuis lors, depuis plus de seize ans, aucun nouveau symptôme de syphilis.
La malade a bien absorbé 10 pilules de proto-iodure de mercure, soit 20 centigrammes. Mais il m’a semblé que je pouvais négliger cette médication insignifiante et classer cette observation avec celles des malades non traités. Il est difficile, en effet, de lui attribuer la disparition des accidents secondaires et l’absence d’accidents ultérieurs.
Dans un autre cas, rapporté par Dipay, le malade n’avait absorbé aucune des pilules qui lui avaient été prescrites et qui furent retrouvées intactes dans le tiroir de sa table de nuit après sa mort survenue neuf ans après le chancre :