‹ La Guérison Naturelle De La Syphilis AcquiseChapitre 11 sur 25 · OBSERVATION II · texte numérisé non relu

OBSERVATION II

(in Taylor, Americ. Journ. of Surg. Vol. XX, N° 11).

En mai 1889 Taylor observe un chancre induré chez une femme indemne jusqu'alors de toute syphilis, soit héréditaire, soit acquise, et qui avait des rapports avec un seul homme traité par Taylor quelque temps auparavant pour un chancre induré « of the left coronal sulcus » avec adénopathie inguinale marquée. La syphilis de cet homme se développe dans sa forme classique : papulo-pustules, plaques muqueuses, douleurs rhumatoïdes, alopécie.

Le chancre de la femme fut traité par « general antiseptic lines and black ‘wwash was applied on absorbent cotton ».

Cicatrisation du chancre.

Les adénopathies régressèrent tandis que Taylor attendait l’apparition des « lésions systématiques » pour commencer le traitement anti-syphilitique.

Pendant 6 mois Taylor examina la malade une fois par semaine (la malade s’observait elle-même avec soin).

Cette inspection négative dura jusqu’en mai 1890. Elle continua à s’observer pendant six autres mois avec beaucoup de soin et vint à de fréquents intervalles consulter Taylor. Or elle ne présenta jamais le moindre signe de syphilis et elle fut persuadée que sa robuste santé et une hygiène soigneuse avait écarté l’infection syphilitique. Elle se maria, elle eut 2 enfants bien portants que Taylor vit fréquemment.

Elle offrait en 1906, écrit Taylor, l’aspect d’une santé vigoureuse, pesant cent soixante-dix pounds. Son mari avait une mauvaise santé et de mauvaises mœurs et mourut de tuberculose.

() Si toutefois l’on admet que le malade de E. ScHULMANN (Obs. I) s’est observé avec soin, on peut classer cette syphilis parmi les syphilis dites abortives et pour ce cas on ne saurait souhaiter critère plus complet de guérison.

(2) Tayzor (Robert W.), Does syphilis in some cases spontaneously abort in the primary stage? Americ. Journ. of Surg. Vol. XX, n° 11, nov. 1906.

(3) Ch. Aupry. La Syphilis abortive et l’abortion de la syphilis. Province Médic., 7 janvier 1911.

Dans l'observation suivante, TAYLOR précise moins bien le temps pendant lequel il a suivi le malade.

OBsSERVATION III :

(in Taylor, loc. cit.). (Résumée.)

Homme de 35 ans qui consulte le 29 septembre 1888 pour un petit chancre érosif juste derrière le sillon (sulcus) et près du frein. La lésion accompagnée de ganglions, était typiquement syphilitique.

T. prescrit une propreté absolue et l’application locale de savon noir (black wash). En trois semaines la lésion atteint son développement caractéristique. Aucun traitement, le malade consentant à attendre le développement des accidents secondaires avant que ne soit institué le traitement antisyphilitique. :

Cicatrisation du chancre. Régression des ganglions.

T. voit le malade régulièrement pendant un an, et depuis, par intervalles, souvent (many times, since) sans aucun symptôme de syphilis. | 2 ‘

Le sujet n’avait ni syphilis héréditaire, ni syphilis acquise antérieurement. Pr

Ch. Aupry déclare n'être pas le seul à avoir observé « des individus porteurs de lésions qui paraissaient (et qui étaient) syphilitiques, chez lesquels on a attendu l’explosion des accidents exanthématiques et chez lesquels ces accidents n’ont jamais éclaté ». Et il cite à l’appui de son opinion celle de W. Kozze et HETSCH (1) : « … il faut se rappeler que, chez beaucoup de syphilitiques, même non traités, l’évolution de la maladie s'arrête à l’accident initial ».

On peut se demander si dans ces cas la réaction de B. W. demeure constamment négative ou si elle passe par une phase de positivité plus ou moins longue.

Aucune observation, à ma connaissance, ne permet de le savoir.

2° Syphilis guéries après des manifestations secondairts.

À côté des observations de syphilis abortives, d’autres montrent que la guérison peut survenir après le développement d’un chancre et d’accidents secondaires. Elles sont peut-être moins rares que les premières.

Cest à cette catégorie qu’appartiennent les cas rapportés par Dipay dans son « Histoire naturelle de la Syphilis ». Ces cas n’ont pas tous la même valeur démonstrative. La durée de certaines observations ne dépasse pas trois ans et demi.

@) W. Koire et Herscn, La bactériologie expéri t t : CARRIÈRE, 1910, t. II, p. 146. gie expérimentale, traduit par

Par contre, d’autres s’étagent sur six, sept, huit, neuf et seize ans.

Chez ces malades l'intensité et la durée des accidents secondaires sont d’ailleurs loin d’être identiques. Voici une observation dans laquelle les manifestations secondaires ont été discrètes et se sont effacées rapidement.

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