‹ La Guérison Naturelle De La Syphilis AcquiseChapitre 24 sur 25 · CONSIDÉRATIONS PRONOSTIQUES ET THÉRAPEUTIQUES · texte numérisé non relu

CONSIDÉRATIONS PRONOSTIQUES ET THÉRAPEUTIQUES

Si certaines syphilis sont susceptibles de guérir sans traitement spécifique, il serait particulièrement intéressant de les distinguer des autres, dès la période du chancre. On pourrait en tirer d'importantes déductions thérapeutiques.

Certains auteurs, parmi lesquels il faut citer Dipay, ont cru trouver ce criterium qui permet de préjuger l’avenir d’une syphilis dans certains caractères cliniques du chancre et de la période secondaire.

Mais FOURNIER (1) a démontré que ces caractères ne permettent en aucune façon d'établir le pronostic lointain d’une syphilis, qu’il s’agisse de l'influence de la cause contaminante, de la durée de l’incubation du chancre, des caractères de la première poussée éruptive, du nombre, de la forme, de la distance chronologique des poussées ultérieures, ou des caractères du chancre.

Aujourd’hui encore, on peut conclure avec FOURNIER que « nous manquons d'éléments de certitude ou même de probabilité pour formuler ab ovo (2) dans un cas particulier, le pronostic d’une syphilis ».

(4) A. Fournier. Leçons cliniques sur la syphilis. Paris 1881, pp. 763 et suiv., et Traité de la syphilis, Paris 1889, T. 1, p. 773.

(2) Passée la période secondaire, les caractères du liquide céphalo-rachidien permettent d’établir un pronostic 2, partiel. Mais ceci est déjà en dehors du sujet qui nous occupe.

Ce qui ne veut pas dire, pourtant, que toutes les causes pouvant avoir une influence sur l’évolution de la maladie, nous échappent. Il apparaissait déjà à FOURNIER que la « gravité de la diathèse se mesurait souvent à la gravité du sujet ». Avec lui il faut souligner le rôle de « la santé antérieure et actuelle du malade, sa résistance organique, l’hygiène qu’il observe, ses habitudes, le milieu où il vit (saison, climat) ». L'âge, le sexe, les lésions locales, l’alcoolisme, impriment bien souvent à la syphilis des différences marquées d’évolution.

Ces données, les travaux récents de syphilis expérimentale sont venus les confirmer.

« Malheureusement, écrit FOURNIER, en dehors de toutes les prévisions rationnelles qu’on peut tirer des considérations afférentes à l’individu, la syphilis est parfois grave ou légère sans qu’on puisse en déterminer le pourquoi ».

Dans ces conditions, que conclure à propos du traitement?

1° En l’absence de critères permettant de prévoir de façon absolument sûre dans quel sens se fera l’évolution d’une syphilis, il est prudent de traiter tous les malades.

Au surplus, même si ces critères existaient, il y auraït lieu malgré cela de traiter de façon précoce et énergique toutes les syphilis même celles susceptibles de guérir naturellement afin de blanchir ces malades le plus rapidement possible: On peut imaginer, en effet, le nombre de contaminations dont fut responsable le malade de l’observation VI qui, pendant près d’un an, fut constamment porteur de plaques muqueuses.

Il y a également un autre risque : ces malades, comme én témoigne la femme observée par GALLIOT (obs. VII) peuvent parfaitement ne subir aucun dommage de leur syphilis, mais il n’en va pas de même pout leur descendance. Il est vraisemblable que, dans le cas de l'observation VII, un traitement mis éh œuvre au cours de chaque grossesse eut permis d’éviter l’avortement et les accidents dont étaient porteurs les deux enfants suivants.

2° L'étude des causes susceptibles d’influencer la marche dé Ja syphilis montre qu'il est indiqué parallèlément au traitement spécifique de soutenir et, au besoïn, de relever l’état | | u local des syphilitiques par des médications et des règles d'hygiène appropriées. 1 ::

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