‹ La Guérison Naturelle De La Syphilis AcquiseChapitre 4 sur 25 · INTRODUCTION · texte numérisé non relu

INTRODUCTION

Au cours de mon année d’externat à l’hôpital Saint-Louis dans le service de M. Milian, en 1932, j’ai été frappé par la variété d'évolution des syphilis soumises au traitement spécifique. Ce fut surtout en suivant les malades soignés à la policlinique que cette diversité m’apparût. Ghez tel malade, après trois ou quatre injections de novarsénobenzol, les accidentêdisparaissent, le Wassermann devient négatif. Tel autre, malgré un traitement prolongé, des cures alternées, fait une roséole de retour près de deux ans après le chancre, une leucoplasie, des accidents cardio-vasculaires, et dix ans après, la réaction de Bordet-Wassermann de son sang est encore positive.

Ceci me montrait qu’un traitement spécifique, régulièrement conduit, ne suffisait pas à imprimer ure évolution régulière à toutes les syphilis. Je me suis alors demandé si une évolution favorable n’était pas possible en dehors de toute chimiothérapie spécifique, et je projetai de faire ma thèse sur « La guérison naturelle (1) de la syphilis ». Connaître l’évolution de cette maladie en dehors de toute médication spécifique apparaît, en effet, comme indispensable pour apprécier l’influence et la valeur de ces médications.

J'en parlai, au début de 1933, à mon maître regretté, M. Jean Hutinel et à M. E. Schulmann, décédés depuis, qui m'encouragèrent tous les deux dans cette étude. Le premier me citait des faits voisins observés au Maroc {sommes ouéries après quelques cuillerées d’une potion d’iodure de potassium). Le second me communiquait une remarquable observation aqw’il se proposait de rappeler dans ses « Etudes de Syphiligraphie » sous presse à cette époque.

(1) Ainsi que me l’a fait remarquer M. Ch. Nicolle, le mot « naturelle » exprime mieux que le mot « spontanée » que la guérison s’est produite par les seules forces de la nature.

Je m'ouvris alors de mon projet à mon maître M. Milian, qui s’y intéressa et voulut bien me guider dans mon travail et n’appuyer de ses conseils.

C’est en consultant les dossiers des malades soignés à la policlinique de M. Milian et en lisant les publications ayant trait au sujet qui m’intéressait que j’ai rassemblé les matériaux de ce travail.

Après quelques mots d’historique, je déterminerai dans quel sens j’emploie le mot « guérison ».

Je m’attacherai ensuite à répondre à la question que je me suis posée : Certains cas de syphilis acquise sont-ils capables de guérir en dehors de tout traitement, et quelle est leur fréquence ?

Le dernier chapitre sera consacré à quelques considérations pronostiques et thérapeutiques.

J’ai laissé de côté intentionnellement le problème de la guérison naturelle de la syphilis congénitale. La question mérite d’être traitée séparément. Son importance est capitale pour le problème qui nous occupe et même, selon\les propres termes de M. Audry, « la question de la guérison spontanée de la syphilis se confond avec l’étude de la destinée des hérédo-syphilitiques non traités ».

Cependant, il m’a semblé logique de laisser de côté provisoirement cet aspect du problème et de commencer par étudier la guérison naturelle de la syphilis acquise.

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