CHAPITRE III
Aujourd’hui une observation de guérison naturelle doit répondre à certaines conditions — disons-le tout de suite — bien rarement réalisées dans la pratique. Il faut en effet :
1° Un diagnostic certain :
Chancre induré caractéristique, accompagné de sa pléïiade ganglionnaire et présentant des tréponèmes à l’ultramicroscope, ces examens clinique et bactériologique étant faits par des médecins compétents.
On pourra également tenir le diagnostic pour certain s’il a été constaté par le médecin une roséole typique accompagnée de réactions sérologiques positives.
2° L’absence complète de traitement spécifique depuis l’apparition du chancre jusqu’au dernier examen.
3° Des critères de guérison suffisants :
— Un silence clinique prolongé;
— Des réactions sérologiques négatives;
— Un liquide céphalo-rachidien normal;
— Une ou plusieurs réactivations négatives.
On imagine facilement combien il est difficile, sinon impossible, de recueillir des observations répondant à toutes ces conditions. Il est bien rare en effet qu’un médecin qui fait le diagnostic de syphilis ne convainque son malade de la nécessité de suivre un traitement.
D’autre part, si le malade, par insouciance ou pusillanimité, n’a pas suivi les conseils du médecin on ne voit pas bien pour quelle raison il reviendrait consulter, alors qu’il ne présente plus, et depuis plusieurs années, aucun accident.
On ne peut compter que sur le hasard.
C’est, en effet, le hasard qui a permis à E. SCHULMANN d’ob-
server l’évolution d’une syphilis guérie sans aucun traitement spécifique et de contrôler cette guérison.