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liale et une affection héréditaire. Que ce soit une affection faniliale, cela ne nous surprendra pas si nous nous rappelons que dans les luxations traumatiques congénitales, il s’agit d'enfants venus en siège, d’insuffisance de liquide amniotique. Nous savons que ces causes d’origine maternelle se reproduisent chez la même femme à chaque accouchement. De plus, le ‘“ germe ” étant identique pour les enfants d’une même famille on comprend l'importance du facteur tératologique. Enfin certaines affections pathologiques revêlent aussi, fréquemment, un caractère familial.
Mais on devine combien les parüsans de théories pathogéniques exclusives se sont trouvés embarrassés pour expliquer comment l’hérédité se retrouvait d’une façon quasi constante dans l'affection qui nous occupe, car 1l est incontestable que seul le facteur héréditaire peut nous rendre compte des phénomènes suivants observés constamment dans les Juxations congénitales de la hanche :
1° Apparition de l'affection chez les enfants au même âge que chez les ascendants :
2° Prépondérance de la transmission directe c’està-dire en suivant le même sexe. La luxalion congénitale de la hanche atteint en effet neuf ou dix fois plus souvent les filles que les garçons.
Or l’hérédité n’est autre chose qu’une transmission par le germe d’une disposition, d’une apütude d’ordre physique, moral, pathologique.
Nous nous expliquerons facilement sa fréquence dans la luxation congénitale si nous admettons que les luxations traumatiques ou pathologiques congénitales
RO + relèvent aussi pour une part, si faible soit-elle, d’une
cause d'ordre tératologique. Nous avons essayé précédemment de démontrer qu'il en était ainsi.
Théorie anthropologique de Le Damany. — Nous ne pouvons passer sous silence la théorie de Le Damany sur la pathogénie de la luxation congénitale de la hanche car cet auteur a fait une étude des plus approfondies sur cette affection. Nous nous sommes permis de lui emprunter des cas de quérison spontanée ainsi que les résultats de ses expériences sur l’animal. Ces quérisons spontanées observées par l’auteur concernent des luxations dont la pathogénie est un peu spéciale. Elles ont été constatées dans des
2eIIEnons da
cas de luxations “ anthropologiques semblé indispensable d'indiquer dans ce chapitre, ce que Le Damany entend par luxation anthropologique.
Tout d’abord cet auteur admet une classe de luxations tératologiques, c’est une classe peu importante car ces luxations sont très rares. Elles se produisent dans les premiers mois de la vie intra utérine. Les sujets qui en sont atteints présentent d’autres malformations, sont porteurs de monstruosités, ne sont pas viables. Toutes les autres luxalions dites congénitales sont des luxations “ anthropologiques ?.
L'auteur montre, dans toutes les hanches humaines normales, un défaut constant, mais ordinairement sans effets pathologiques défaut qui pourtant produit la luxation s’il devient excessif. Ce défaut consiste en une inclinaison en avant de la cavité cotyloïde et dans une torsion fémorale qui dirige en avant en même temps qu’en dedans la tête et le col du fémur.
PS Ce
Tous les enfants même les plus normaux présentent une phase critique pendant les derniers mois de la vie intra-utérine et les premières semaines qui suivent la naissance. ‘Aucun n’échappe à cette crise, mais ordinairement les déformations restent dans les limites compatibles avec une réparation assez rapide.
D’où provient ce défaut ? D’après l’auteur il faudrait le rechercher dans l'adaptation de l’homme à la station debout. Si, pendant les derniers mois de la grossesse le fœtus humain subit des déformations c’est parce que son bassin est trop large, ses fémurs trop longs. Pourquoi ce défaut est-il spécial à Pespèce humaine? e’est parce que l’homme est un être à part, différent par le volume colossal de son cerveau, par l’hypertrophie de ses membres inférieurs et de sa ceinture pelvienne, hypertrophie nécessitée chez la femme par Ja fonction de reproduction et, dans les deux sexes, par la station verticale.
Après la naissance, l'enfant devra passer d’une flexion outrée à une extension non moins extrême pour le décubitus dorsal et pour la station debout. Or, pour cela, il devra nécessairement corriger les défauts produits par l’utérus maternel. Cette correction restant encore insuffisante, il se verra obligé de se déformer en sens inverse. Cette double déformation en sens opposé porle sur le cotyle, le fémur, le bassin et la colonne lombaire. L’enfant nouveau né, dit Le Damany, n’est nullement adapté à l'attitude bipède ; il n’arrive à ce mode de station que par une longue et lente éducallon qui va jusqu’à nécessiter et produire des modilications profondes dans le squelette. Cest au cours
de la crise qu’il traverse à cette époque que la luxation congénitale anthropologique peut s’observer.
Que faut-il penser de cette théorie anthropologique de la luxation congénitale de la hanche ?
Si nous analysons cette théorie nous constatons un ensemble d’afflirmations qui reposent sur des faits exacts, qui résultent de l'observation, mais nous constatons que pour interprêter ces faits à la façon de Le Damanÿ il faut accepter la théorie transformiste, séduisante peut-être, mais il faut la ‘% supposer ” démontrée. D'ailleurs Le Damany déclare lui-même au début de son beau livre “ £a luxation congénitale de la hanche”: « En regardant et en expérimentant on ne saurait arriver à contrôler tout ce que nous allons dire. Aussi n’attachons nous d'importance réelle qu'aux affirmations qui ont pour appui des choses vues et qui en découle directement et forcément. Pour les autres il nous importe relativement peu qu’elles soient vraies ou fausses, nous ne les eXpOsOns IC1 que pour encadrer el grouper, pour réunir entr’elles nos observations ».
Le Damany constate chez l’homme un % défaut
? nous estimons que pour le médecin un dé
constant faut ne peut pas être constant. Pour qu’une miperfection sait réellement pathologique, du domaine de la science médicale, il ne faut pas qu’on la constate chez le sujet normal. Lorsque Le Damany parle d’un défaut constant, spécial à l’espèce humaine, il compare l’homme à d’autres espèces animales. Il. considère l'attitude bipède comme le résultat d’une adaptation, mais c'est
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là, croyons nous, une hypothèse. Ce sont les effets de son adaptation à la station verticale qui produisent la luxation congénitale, mais rien ne prouve d’une façon scientifique que le mode de locomotion ou de station propre à l’homme soit le résultat d’une adaptation. Néanmoins la théorie de Le Damany n’est pas incompatble avec celle que nous venons d'exposer. Car si nous retranchons de cette théorie tout ce qui n’est pas du domaine des faits, la théorie que nous avons admise au début de ce chapitre est cn conformité avec celle de Le Damany. En effet quand nous constatons que la luxation congénitale est produite par les pressions lentes de l'utérus qui exagèrent l’adduction des fémurs, nous l’appelons luxation traumaüque. Le Damany admet bien, lui aussi, le traumatisme, mais 1l recherche la cause de ce traumatisme lui même, il la trouve dans lexagération d’un processus physiologique dont il recherche encore létiologie. Mais en remontant si haut dans l’étude des causes, le raisonnement ne tarde pas à ne plus reposer que sur des faits que l’observation ne peut plus contrôler: sur des hypothèses.
Nous avons beaucoup insisté au début de ce chapitre sur la pathogénie des luxations congénitales par anomalie du germe. Nous pouvons faire remarquer qu'il n'est pas impossible que la luxation congénitale de la hanche résulte, dans certains cas, de la transmission, par le germe, d’un caractère ancestral ou au : contraire dans la non. transmission par le germe de caracières acquis par l’espèce. Nous ne pouvons préciser la nature de ces dispositions héréditaires.
ee RES En résumé, en nous plaçant au point de vue de la classification que nous avons adoptée, la luxation anthropologique de Le Damany est une luxation mixte : à la fois traumatique et par anomalie du germe dans laquelle, suivant les cas, lun ou l’autre de ces facteurs est prédominant.