ET LA VICTOIRE NAVALE DES ILES FALKLAND
Sur mer, la lutte se poursuit dans les conditions les plus favorables. Faut-il même dire qu'elle se poursuit ? En réalité, elle est finie, ou du moins une de ses phases principales est close. Ici encore on ne pouvait pas s'attendre à de grandes batailles, puisque la flotte allemande continue de se cacher prudemment et obstinément dans les canaux, les fleuves et les ports. M. Winston Churchill a bien dit qu'il irait l'y chercher, comme le chien ratier poursuit les rats dans leur trou, mais il n'en a encore rien fait, et l'entreprise serait peut-être plus coûteuse que profitable. Il y aurait sans doute pour les Anglais, et aussi pour nous, un grand intérêt d'avenir à détruire la flotte allemande : aussi ne s'y exposera-t-elle pas. Au surplus, ce qui nous importe pour le momçntest d'avoir la maîtrise, c'est-à-dire la liberté de la mer, et nous l'avons.
Jusqu'à ces derniers temps, nous ne l'avions pas pleine et entière. La supériorité de nos flottes réunies sur celle de l'ennemi était incontestable, mais il suffisait que quelques vaisseaux de guerre allemands sillonnassent encore la surface des mers pour inquiéter d'une manière sérieuse la sécurité de nos transports. Rendons aux marins allemands la justice qu'ils méritent : ils sont d'une habileté etd'une audace à toute épreuve. Avant qu'ils eussent réussi à prendre l'Emden, les exploits de ce croiseur dans le Pacifique avaient si fort frappé les Anglais, grands amateurs de tous les sports, qu'ils ont annoncé Fin-