‹ La guerre allemande et le catholicisme--Chapitre 10 sur 37 · LA FRANCE ET L EVANGELISATION DU MONDE · texte numérisé non relu

LA FRANCE ET L EVANGELISATION DU MONDE

La propagation de l'Évangile dans le monde n'a jamais été interrompue. C'est l'œuvre même de l'Église, c'est son but, c'est sa raison d'être. « Allez, a dit le Maître, instruisez les peuples et baptisez-les. » Aucun ordre plus précis, plus formel et plus clair n'a été donné par Jésus-Christ : ce fut son testament.

Et cependant, 1900 ans après que cet ordre a été donné, il reste par le monde plus d'un milliard d'hommes auxquels le message de Dieu n'est jamais parvenu!

Douloureux problème, angoissant mystère..,

En présence de ce fait lamentable que, sans doute, on peut expliquer de façon plus ou moins heureuse, les théologiens et les prédicateurs de divers pays « catholiques » dissertent abondamment, pour conclure avec un bel ensemble que ces infidèles sont en dehors des voies du Salut...

La « pauvre France », elle, donne chaque année, pour que la Bonne Nouvelle leur soit annoncée sur toutes les plages, ses prières, son argent et ses enfants. Et elle offre tout cela dans une proportion telle que si tous les peuples dits catholiques en faisaient autant, le

scandale de ce milliard d'infidèles aurait aujourd'hui disparu de la terre.

Voilà la vérité.

Par le passé, dit M. A. Guasco, « les puissances spirituelles et temporelles de ce monde concouraient h l'établissement du règne de Jésus-Christ. La richesse des Ordres religieux auxquels appartenaient les missionnaires, la générosité de bienfaiteurs puissants, les secours des gouvernements permirent aux ouvriers de l'Evangile de poursuivre les labeurs féconds (1) ».

Mais, au début du siècle dernier, après la ruine et la dispersion des Ordres religieux, les Missions se trouvèrent réduites à rien, et tout était à recommencer. On recommença.

En 1822, naquit à Lyon une œuvre nouvelle, l'Œuvre de la Propagation de la Foi, en faveur des Missions des deux Mondes, pour aider, par des prières et des aumônes , les missionnaires catholiques qui vont porter la foi et la civilisation au milieu des peuples infidèles. Les prières sont un Pater et un Ave avec l'invocation : Saint F^rançois-Xavier, priez pour nous. L'aumône est de 5 centimes par semaine (2 fr. 60 par an). Son premier président, M. de Verna, en a établi le caractère en ces termes : « Quand cette grande association s'éleva en France, ses fondateurs voulurent lui donner une base large et digne de son objet. Ils ne songèrent pas à en faire seulement une affaire nationale, ils voulurent établir une œuvre catholique. Aussi,

(1) A. Guasco, l'Œuvre de la Propagation de la Foi, Bloud, Paris.

leurs projets ne se bornèrent pas à soutenir les missions de France et à secourir les missionnaires français, ils étendirent les bienfaits de l'Association sur les missions des deux hémisphères et sur tous les missionnaires, — français, espagnols, italiens, belges, indiens, etc., etc., de quelque nature qu'ils fussent.

« Ce n'était pas la foi de la France qu'ils voulaient propager, c'était la foi catholique. Ils virent le bien général, sans limites, sans restrictions, sans distinctions (1). »

Accueillie, approuvée, comblée d'éloges et de faveurs spirituelles par Pie VII, Léon XII, Grégoire XVI, Pie IX, Léon XIII, Pie X, l'Œuvre ne tarda pas à s'établir dans tous les diocèses de France. En 1825, elle passait en Belgique, en 1827 en Italie, puis en Allemagne, en Suisse, dans les Iles-Britanniques, les Pays- Bas, le Portugal, les États-Unis, l'Espagne, l'Autriche, l'Amérique du Sud...

Les recettes (juin 1822-mai 1823) commencèrent par un total de 22.915 fr. 25, sur lesquels 20.000 francs environ furent partagés entre les Missions d'Orient et celles de la Louisiane et du Kentucky.

Il ne peut être question de suivre ici cette grande oeuvre, cette œuvre nécessaire, dans ses développements successifs; mais il sera intéressant d'avoir le résumé de son dernier exercice (1913).

Le voici, extrait des Annales de la Propagation de la Foi (mai 1914, Lyon, rue Sala, 12; Paris, rue Cassette, 20) :

(1) A. Guasco, l'Œuvre de la Propagation de la Foi, p. 23.

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